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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 10:38

Malgré un froid à ne pas mettre un canard dehors, ce sont plus de 200 personnes qui se sont données rendez-vous Place Stanislas, à Nancy, à l’appel d’une trentaine d’associations, de syndicats et de partis politiques dont le GENEPI Nancy, les invitant à participer à la Nuit des libertés publiques.

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Le 21 février, le Conseil Constitutionnel a validé le principe de la rétention de sûreté. Dorénavant un individu ayant purgé entièrement sa peine pourra être détenu indéfiniment sur une simple présomption de dangerosité. Au nom d’un devoir de précaution appliqué aux victimes et en dépit de l’impossibilité maintes fois répétée par le corps médical d’évaluer scientifiquement une telle dangerosité, la France adopte une législation en contradiction avec ses principes fondamentaux : à l’enfermement reposant sur la commission d’une infraction prouvée à l’issue d’un procès se substitue un enfermement reposant sur la possibilité future de commettre un crime.

 

Au-delà des fondements de notre droit, c’est notre conception même de l’homme depuis deux siècles qui est bouleversée. A l’homme doté de libre arbitre, responsable de ses actes et capable de choisir son destin, hérité du siècle des Lumières, succède l’homme dangereux, prédestiné au crime et au ban de la société, celui-là même qui a inspiré les régimes totalitaires du XXe siècle.

 

Déjà, les propos du Président de la République sur le caractère génétique de la pédophilie ou la nécessité de diagnostiquer dès l’âge de 3 ans les troubles du comportement pour lutter contre la délinquance laissaient craindre une telle dérive. Déjà le choix de créer un Ministère de l’immigration et de l’identité nationale et de fixer des quotas d’expulsion assimilait l’étranger à un homme dangereux.

 

Le 22 février, le Président de la République, en demandant au Premier Président de la Cour de Cassation de lui faire des propositions pour rendre la rétention de sûreté immédiatement applicable en dépit de la décision du Conseil Constitutionnel, exprimait sans détour son souhait de violer la Constitution dont il est le garant.

 

Déjà l’intervention du Chef de l’Etat dans tous les domaines de la vie publique, la réduction du rôle du Parlement à celui d’une chambre d’enregistrement adoptant des textes pourtant fondamentaux dans l’urgence, la reprise en main de la Justice, les menaces pesant sur l’indépendance des médias, étaient révélateurs d’un fonctionnement institutionnel fort peu démocratique.

 

Les organisations signataires appellent les citoyens à se rassembler Place Stanislas le Jeudi 20 mars à partir de 20H pour manifester leur attachement aux libertés publiques et aux valeurs de la République. Les bougies que vous apporterez symboliseront les principes inaliénables du siècle des Lumières.

 

Bien plus que de bougies, c’est armés de torches qu’une quinzaine de vaillants génépistes sont venus défendre les libertés publiques, et écouter les orateurs qui se sont relayés au micro pendant près de deux heures, quelques temps après l’adoption de la loi sur la rétention de sûreté par le parlement. Nous remercions sincèrement les personnes qui sont venues défendre les valeurs qui nous tiennent à cœur.

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