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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 21:00

Lettre anonyme d’un détenu de la prison de la Santé sur les conditions de détention et sur la prison en général - mars/avril 2011


Comme un chien enragé

Pour écrire un texte comme celui-ci, je suis bien obligé de partir de ma propre expérience, de partir du particulier pour discuter de l’universel. Je suis actuellement incarcéré en détention préventive à la prison de la Santé, à Paris. J’espère ici réussir à donner un bon aperçu de cette vie de chien, une plongée en apnée dans l’univers carcéral. Je suis pour la destruction totale de tous les lieux d’enfermement quels qu’ils soient, et avant mon incarcération, je participais déjà aux luttes anticarcérales et avais donc développé un certain intérêt pour la condition du prisonnier, et pourtant la prison telle que je la vis aujourd’hui est assez éloignée de la façon dont je pouvais me la représenter concrètement vue de l’extérieur. Ce texte tend donc à s’inscrire dans la modeste perspective de faire visiter cette taule, sans compromis et à titre de contre-information, à tous ceux que cela intéresse, mais surtout pour tous ceux qui luttent contre la taule et pour qui, une meilleure connaissance de ce qu’est réellement la prison ne pourra qu’aider à mieux la combattre et à comprendre les mécanismes qui s’y jouent. Ce texte est donc basé sur mon expérience personnelle ainsi que sur des témoignages et informations recueillies auprès d’autres détenus à la maison d’arrêt de la Santé, qui n’est qu’une taule comme une autre. Il s’adresse à tous ceux, forcément révolutionnaires, qui souhaitent la destruction de tous les lieux d’enfermement, mais aussi aux proches de détenus et aux détenus eux-mêmes.

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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 19:45

 

J'ai retrouvé cet article sur le site très bien foutu : "Patrimoine carcéral". Il y a vraiment des dossiers très intéressants, interactifs, et très agréables à lire. Je vous laisse en profiter.
 
 
Le 15 janvier 1972, une mutinerie éclate à la prison Charles III de Nancy. Philippe Artières (chargé de recherches au CNRS) dans un article intitulé : « La prison en procès. Les mutins de Nancy (1972) » nous raconte l’événement : « Au cours du petit déjeuner dans le réfectoire commun, des détenus se plaignirent de la mauvaise qualité du café, la discussion s’envenima et très vite l’émeute se déclencha et se généralisa : en moins d’une heure, les trois cents détenus qui composaient la population de la maison d’arrêt se mutinèrent. Les détenus en cellule libérés par ceux des dortoirs prirent le contrôle de l’ensemble des bâtiments, bureaux administratifs compris. Là, un tract fut imprimé sur la ronéotypeuse de l’établissement. Ce tract qui annonçait les principales revendications des détenus fut remis à l’administration qui, dans un premier temps, avait voulu reprendre le contrôle par la force puis, devant l’ampleur du mouvement, y avait renoncé. Mais ces revendications des détenus ne furent pas entendues ; les négociations à peines ouvertes furent bloquées et, assez vite, il fut décidé de faire intervenir les gardes mobiles. Les détenus occupèrent alors les toits de la prison jusqu’en toute fin d’après midi, moment que le préfet choisit pour faire intervenir les forces de l’ordre épaulées par un hélicoptère. Le soir du 15 janvier, l’ordre régnait à Charles III. »
 
L’auteur apporte également des précisions sur le comportement des détenus dont la moyenne d’âge est plutôt jeune. Selon lui, il n’y a eu aucune violence envers le personnel de la prison. Il régnait même «  une certaine gaité » parmi les détenus. « Certains détenus avaient attaqué la cantine et distribué la totalité des réserves ainsi que le stock de bières […] d’autres avaient descellé les rares lavabos, tandis que la toiture avaient été largement endommagée par les prisonniers qui l’occupaient, les mutins s’étant servis des tuiles pour repousser les assauts des forces de l’ordre. »
 
La mutinerie est assez sévèrement réprimée : alors que certains détenus sont transférés dans d’autres établissements, six, accusés d’avoir mené la révolte sont condamnés le 8 juin 1972 devant le tribunal correctionnel de Nancy à des peines allant de cinq à huit mois, pour l’exemple.
 
Le but de la révolte n’était pas de mettre à sac la prison mais de formuler un certain nombre de revendications. Ainsi, ils demandaient : « une justice plus équitable à l’intérieur des prisons de la part des surveillants et de l’encadrement », « une justice honorable ainsi que la suppression de la tutelle pénale, l’interdiction de séjour ». Selon eux également, « les lundi, mardi, mercredi les détenus passant devant le tribunal correctionnel de Nancy se [voyaient] infliger des peines beaucoup trop lourdes par rapport aux détenus passant devant le tribunal les autres jours », ils voulaient savoir pourquoi. Ils réclamaient aussi « la fin des violences physiques des surveillants dont ils avaient été l’objet à la suite de légères infractions.» Leurs autres revendications portaient sur la qualité de leur alimentation et le manque d’hygiène et de chauffage dans les dortoirs.
 
Pour pouvoir évoquer tous ces détails, Philippe Artières s’est appuyé sur différents types de sources : la presse, qui à l’époque a beaucoup relaté l’évènement, des témoignages de détenus publiés par la suite et les archives du GIP (le Groupe d’Information des Prisons) récemment déposées à l’IMEC (Institut Mémoires de l’Edition Contemporaine).
 
La mutinerie de Nancy intervenait un mois exactement après celle de la centrale Ney de Toul et au lendemain de la publication du rapport d’une commission d’enquête présidée par l’avocat général Schlmek qui cherchait à en établir les responsabilités. Au cours de l’automne 1971 et au début de l’année suivante, il y a en a eu d’autres encore dans des établissements de l’est du pays, ainsi qu’à Lyon, Toulouse et Nîmes, une trentaine en tout. On le voit bien, il s’agit d’un mouvement d’ampleur nationale. Philippe Artières montre que chaque mutinerie présente des caractéristiques similaires : à chaque fois, le mouvement est « collectif, spontané et inorganisé » ; les revendications portent sur : « les conditions de détention » et l’ « exercice de la justice ».
 
Cette série de mutineries intervient dans un contexte particulièrement chargé sur le plan idéologique : 1968, des gauchistes incarcérés … En outre, le Groupe d’Information sur les Prisons (GIP) crée un an auparavant (notamment par Michel Foucault) se fait le porte parole des revendications des détenus et des témoignages de plusieurs médecins (par exemple celui d’Edith Rose, alors psychiatre à la Centrale de Ney de Toul). La prise d’otage de Clairvaux met le feu aux poudres.  Le 22 septembre 1971, 2 détenus (Buffet et Bontems) prennent en otage  une infirmière et un surveillant à l’infirmerie de la prison. Les deux otages meurent égorgés. L’opinion publique est secouée et en mesure de représailles, le ministre de la justice de l’époque, René Pleven annonce la suppression des colis de noël «sous la pression des principaux syndicats pénitentiaires », toujours selon Philippe Artières.
 
Valérie Richard de l’Est Républicain a publié une série de trois articles sur la mutinerie de Charles III au mois d’avril 2012. Selon elle, Nicolas Drolc, un jeune réalisateur a retrouvé des vieux négatifs de photographies prises par son propre père, Gérard Drolc, journaliste et photographe qui étaient présent au moment des faits. 

 

Il travaille actuellement sur un projet de documentaire intitulé « Sur les toits. Hiver 1972 : Mutineries dans les prisons françaises ». Il est à la recherche de témoignages de surveillants, d’anciens détenus et de membres du GIP et de vidéos amateurs. Il a d’ores-et-déjà pu s’entretenir avec Henri Leclerc, l’un des avocats des mutins nancéiens, et un ancien détenu de Charles-III. Vous trouverez une présentation du projet sur cette page web : http://www.lesmutins.org/Sur-les-toits-Hiver-1972.html ; ainsi qu’une vidéo qui nous donne un avant goût du futur documentaire.

 

Sources :
 
Artières Philippe. La prison en procès. Les mutins de Nancy (1972). In: Vingtième Siècle. Revue d'histoire. N°70, avril-juin 2001. pp. 57-70, URL : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/xxs_0294-1759_2001_num_70_1_1345, consulté le 21 février 2012
 
Philippe Artières , « Les mutins, la psychiatre et l’aumônier », Le Portique [En ligne], 13-14 | 2004, mis en ligne le 15 juin 2007, URL : http://leportique.revues.org/index617.html, consulté le 27 février 2012. 
 
 
Valérie Richard, « Nancy: Que sont devenus les mutins de la prison Charles III ? », Estrepublicain.fr [En ligne], 16 avril 1012, URL : http://www.estrepublicain.fr/meurthe-et-moselle/2012/04/16/que-sont-devenus-les-mutins, consulté le 8 juin 2012
 
Valérie Richard, « Simone Signoret au secours de Toul », Estrepublicain.fr, 16 avril 1012, URL : http://www.estrepublicain.fr/meurthe-et-moselle/2012/04/16/simone-signoret-au-secours-de-toul, consulté le 8 juin 2012.
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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 14:15

Thème d'Assises du GENEPI en 2013 :

 

Les bénévoles du projet du GENEPI en Guadeloupe en août 2012 ont souhaité réfléchir de manière plus approfondie à la question de l'exportation du modèle carcéral métropolitain dans les territoires ultra-marins. La situation carcérale en Outre Mer est peu connue en France métropolitaine alors qu'elle est catastrophique : le taux d'incarcération est souvent plus élevé qu'en métropole, fruit d'une politique migratoire déplorable et d'une précarisation croissante de la société. Les conditions de détention sont indignes, les spécificités locales peu prises en considération. Les bénévoles souhaitent donc que le GENEPI soit sensibilisé à ces questions pour, de manière plus globale, questionner la pertinence d'un GENEPI ultra-marin.

 

Je suis particulièrement l'actualité des prisons en Polynésie française, notamment à Tahiti. Par exemple, en décembre 2012, il y a eu un rapport sur l'état des prisons aux Baumettes, à Marseille. Soit. C'est dégueu, il y a des rats, les conditions de détention sont pourries. Grosse mobilisation médiatique. Normal, c'est Marseille, c'est près de chez nous. Quinze jours plus tard, l'Observatoire International des Prisons souhaite profiter de la déferlante médiatique pour sensibiliser sur la situation à Nuutania (Tahiti donc). Mais bon, ce signal d'alarme arrive pendant Noël, et passe complètement inaperçu. Le Contrôleur Général formule également les mêmes remarques, pas plus d'écho. Nuutania, les Baumettes oubliées.

 

Dans ce cas, on réfléchit à désengorger la plus grosse prison de Polynésie française, qui connaît plus de 222 % de surpopulation dans son centre de détention, et près de 300 % dans la maison d'arrêt. Ce ne sont que des chiffres, mais pour faire clair, pour la maison d'arrêt, pour 54 places, on a 160 personnes. Pour le centre de détention, pour 111 places, on a 245 personnes.

 

On imagine donc construire un centre de détention flambant neuf à Tahiti, à Papeari. Le chantier de la prison démarrera au milieu de l'année 2013, et on a un bon aperçu de ce à quoi à "devrait" ressembler.

 

 


 

 

L'explication de Christiane Taubira, actuelle Garde des Sceaux, est assez ambivalente, mais intéressante pour les territoires ultra-marins et éclairante sur la situation que connaissent leurs prisons en général.

 

"Il faut favoriser les aménagements de peines. Fin août, je présenterai une circulaire d’orientation de politique pénale en conseil des ministres. Elle doit rappeler la nécessité de l’individualisation des peines et de leur exécution, en particulier les courtes peines, en les adaptant aux situations réelles des condamnés. Cette circulaire sera particulièrement adaptée à la situation outre-mer où le recours à l’aménagement des peines est plus faible que dans l’Hexagone. La prévention de la récidive doit permettre, sur moyen et long terme, de diminuer le nombre de personnes détenues. Pour faciliter la réinsertion en particulier des jeunes, il est nécessaire de sortir les personnes détenues de l’inoccupation, voire de l’oisiveté."

 

 

 

En bonus : une histoire assez incroyable sur les prisons d'outre-mer, renvoyant à l'éruption en 1902 de la Montagne Pelée. Le récit de Louis-Auguste Cyparis, l'un des deux seuls survivants de la terrible éruption, parce qu'il était enfermé dans sa cellule de prison. Je ne sais pas s'il faut en retenir une quelconque morale, mais bon ... " Au moment de l'éruption, Cyparis, un ouvrier de 27 ans, était enfermé seul dans une cellule de la prison pour avoir participé à une bagarre dans un bar. Sa cellule n'avait pas de fenêtre, ventilée par une simple ouverture sur la face opposée au volcan".

 

 

 

 

En bonus, volume II : le livret des Assises du GENEPI consacré à la question, résumant tous les chiffres-clés et toutes les problématiques sur les prisons de l'outre-mer français

 

En bonus, volume III : le lien vers une émission du GENEPI de Paris, sur Radio Campus Paris de l'année dernière (janvier 2012), Être en prison outre-mer.

 

En bonus, volume IV : le lien vers une émission de Radio Bienvenue Strasbourg, animée vendredi 5 avril 2013 (17h), par le GENEPI Strasbourg, avec Elsa et Kévin pour Strasbourg, Caroline pour Besançon, et Pierre pour Nancy. Les prisons d'outre-mer.

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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 15:00

http://vimeo.com/60335006 : le lien vers la bande-annonce du film que je vais présenter à l'instant.

 

Pour cet article, je dois remercier le GENEPI Toulouse, qui ouvre évidemment d'énormes portes devant nous, avec la réalisation du documentaire Sur les toits - Hiver 1972 - Les mutins de Nancy, par le jeune réalisateur Nicolas Drolc, qui promet énormément.

 

Je vous mets le texte de ce site, Grabuge, par ailleurs très bien fait :

 

Sur les Toits. Hiver 1972 : mutineries dans les prisons francaises.

 

Film Documentaire (90 min)
 

 

« Sur les Toits. Hiver 1972 : mutineries dans les prisons françaises »

Le 15 janvier 1972, une mutinerie éclate à la prison Charles III de Nancy (54). Philippe Artières (CNRS) dans un article intitulé : La prison en procès.

Les mutins de Nancy (1972) raconte l’événement : « Au cours du petit déjeuner dans le réfectoire commun, des détenus se plaignirent de la mauvaise qualité du café, la discussion s’envenima et très vite l’émeute se déclencha et se généralisa : en moins d’une heure, les trois cents détenus qui composaient la population de la maison d’arrêt se mutinèrent. Les détenus en cellule libérés par ceux des dortoirs prirent le contrôle de l’ensemble des bâtiments, bureaux administratifs compris. Là, un tract fut imprimé sur la ronéotypeuse [duplicateur à alcool] de l’établissement. Ce tract qui annonçait les principales revendications des détenus fut remis à l’administration qui, dans un premier temps, avait voulu reprendre le contrôle par la force puis, devant l’ampleur du mouvement, y avait renoncé.

Mais ces revendications des détenus ne furent pas entendues ; les négociations à peines ouvertes furent bloquées et, assez vite, il fut décidé de faire intervenir les gardes mobiles. Les détenus occupèrent alors les toits de la prison jusqu’en toute fin d’après midi, moment que le préfet choisit pour faire intervenir les forces de l’ordre épaulées par un hélicoptère. Le soir du 15 janvier, l’ordre régnait à Charles III ».

L’auteur apporte également des précisions sur le comportement des détenus dont la moyenne d’âge est plutôt jeune. Selon lui, il n’y a eu aucune violence envers le personnel de la prison. Il régnait même « une certaine gaité » parmi les détenus. « Certains détenus avaient attaqué la cantine et distribué la totalité des réserves ainsi que le stock de bières […] d’autres avaient descellé les rares lavabos, tandis que la toiture avait été largement endommagée par les prisonniers qui l’occupaient, les mutins s’étant servis des tuiles pour repousser les assauts des forces de l’ordre ». La mutinerie est assez sévèrement réprimée : alors que certains détenus sont transférés dans d’autres établissements, six, accusés d’avoir mené la révolte sont condamnés le 8 juin 1972 devant le tribunal correctionnel de Nancy à des peines allant de cinq à huit mois, pour l’exemple.

Le but de la révolte n’était pas de mettre à sac la prison mais de formuler un certain nombre de revendications. Ainsi, ils demandaient une justice plus équitable à l’intérieur des prisons de la part des surveillants et de l’encadrement, une justice honorable ainsi que la suppression de la tutelle pénale et de l’interdiction de séjour.

Les détenus réclamaient aussi la fin des violences physiques des surveillants dont ils avaient été l’objet à la suite de légères infractions. Leurs autres revendications portaient sur la qualité de leur alimentation et le manque d’hygiène et de chauffage dans les dortoirs.

La mutinerie de Nancy intervenait un mois exactement après celle de la centrale Ney de Toul et au lendemain de la publication du rapport d’une commission d’enquête présidée par l’avocat général Schlmek qui cherchait à en établir les responsabilités. Au cours de l’automne 1971 et au début de l’année suivante, il y en a eu d’autres encore dans des établissements de l’est du pays, ainsi qu’à Lyon, Toulouse et Nîmes, une trentaine en tout. Il s’agissait d’un mouvement d’ampleur nationale ; les revendications portaient sur : « les conditions de détention » et l’ « exercice de la justice ».

Nicolas Drolc est l’auteur d’un documentaire qui s’intitule Sur les Toits. Hiver 1972 : mutineries dans les prisons françaises où il retrace ces événements à l’aide de plusieurs témoignages d’anciens détenus, d’anciens membres du Groupe d’Information sur les prisons (GIP) et nombreux documents d’archives.

Ce film dépoussière cette page noire qui fut littéralement gommée de l'Histoire officielle des luttes sociales de la fin des années 60. C'est pourtant dans ce contexte que les prisonniers, à l'instar d'autres communautés marginales, ont défendu eux aussi leurs droits, leur dignité et leur honneur. L'histoire est racontée 40 ans plus tard, par ces anciens détenus de Nancy qui sont montés sur les toits de leur prison Charles III le 15 janvier 1972, pour enfin pouvoir se faire entendre.
 
Avec dans le documentaire : Les mutins de la prison de Nancy, un surveillant de la prison de Toul,  Maître Henri Leclerc, Daniel Defert, Serge Livrozet, Michel Foucault, Charlie Bauer.

La première du film aura lieu au cinéma Caméo à Nancy le vendredi 7 juin 2013.

 
Bande-annonce du documentaire : http://www.lesmutins.org/Sur-les-toits-Hiver-1972.html

 

 

 

Du coup, j'ai recherché un peu plus sur internet, et j'ai retrouvé ces articles de l'année dernière sur l'Est Républicain, que je vous mets en lien de suite :

 

- Que sont devenus les mutins ?

- Films amateurs bienvenus

- Simone Signoret au secours de Toul

 

Pour rester dans la thématique "détruire les prisons", voici un petit reportage fait à l'automne 2010, quand Charles III était encore (presque) debout. Et un article sur le transfert de Nancy-centre-Charles III au Haut-du-Lièvre-Centre Pénitentiaire de Maxéville.

 

 

 

Les mutins lançaient non pas des pavés mais des tuiles. Photo Gérard DROLC

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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 11:00
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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 17:45

Le Contrôleur Général des Lieux de Privation de Liberté souhaite étendre son champ d'action aux établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes. Les arguments en faveur de ce projet, et les arguments plus réservés. Et enfin, les questions que cela pose.

 

 

PS : rien à voir, mais Christiane Taubira présente les chantiers à venir ... Il y a du boulot !

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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 16:45

couverture

 

"Pas besoin de délocaliser en Chine, en Pologne ou en Roumanie pour pouvoir rémunérer, légalement, des personnes 3 euros de l’heure, il suffit pour cela de solliciter les ateliers pénitentiaires, où des détenus œuvrent, sans contrat de travail, pour des grandes entreprises, des PME et des TPE, issues de secteurs aussi variés que la cosmétique, l’automobile, l’imprimerie, le marketing, etc. Elles ont pour point commun de ne pas se vanter de ce type de sous-traitance.

 

Bien qu’écartés de la vie économique, les détenus y participent à leur manière. Lorsque l’activité le permet, 23 000 détenus (40 % de la population carcérale) travaillent 6 h par jour, ou suivent une formation professionnelle. Souvent peu qualifiés et faiblement rémunérés, les travaux d’usinage réalisés dans les ateliers pénitentiaires pour le compte d’entreprises sont très majoritairement payés à la pièce. Les fiches de paie d’anciens détenus, qui ont accepté de raconter leur vie professionnelle sous les verrous, attestent qu’il est difficile de gagner plus de 300 euros par mois lorsqu’on travaille pour des entreprises ou des marques comme Yves Rocher, L’Oréal, BIC, Renault, Vania, La Redoute, Bouygues, etc. Peu bavardes sur ce type d’initiatives, ces entreprises s’abritent généralement derrière leurs fournisseurs pour expliquer leur présence en prison.

 

Les directeurs achats et marketing qui sous-traitent en prison disent tout ignorer ou presque des rémunérations pratiquées et des conditions de travail, symbolisées par l’article D 103 du Code de procédure pénale, qui stipule que « les relations entre l’organisme employeur et le détenu sont exclusives de tout contrat de travail ». Pas d’indemnité journalière en cas de maladie, des difficultés pour faire reconnaître les accidents de travail, peu de recours, pas de congés, pas d’indemnité chômage. En prison, on ne s’embarrasse pas avec le droit du travail.

 

Rarement évoqué dans des ouvrages généralistes, le travail en prison a pourtant une importance capitale pour nombre de détenus, qui ont besoin de gagner de l’argent pour vivre en prison et pour soutenir leur famille et qui doivent faire face aux frais d’incarcération (transports, hébergement, perte du RMI, etc.). Enfin, même si le travail n’est plus obligatoire depuis la loi du 22 juin 1987, il reste un critère décisif pour obtenir des remises de peine supplémentaires. Le travail rend libre plus vite, à condition de se plier à ce no man’s land juridique."

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 14:00

A croire que j'ai eu le nez creux. Mon fil d'actualité du jour est rempli d'articles sur le droit du travail en prison, et la décision "historique" prise par le conseil des Prud'hommes de Paris me réjouit. Le travail en prison connaît une étape décisive en ce jour.

Parce que je suis de bonne humeur, je vous renvoie vers les articles de Libération et du Figaro, aussi pour voir la différence de réactions dans les fils de commentaires.

 

Et les réponses de fond ne se font pas attendre, comme le montre cet article de France TV info ; ou encore le webdocumentaire de l'Express.

 

 

Pour la version locale, l'article du Républicain Lorrain et de l'Est Républicain.

 

PRUD’HOMMESTravail en prison : l’espoir en Lorraine

La décision des prud’hommes de Paris, rendue hier en faveur du droit du travail des détenus, conforte une QPC déposée par deux avocats messins.

 

Le conseil des prud’hommes de Paris a estimé, hier, que le droit du travail s’applique même en prison.

Une décision « courageuse et forte », selon Mes Xavier Iochum et Thomas Hellenbrand, qui attendent actuellement que la Cour de cassation transmette ou non, au Conseil constitutionnel d’ici le 27 mars, une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) qui plaide également pour mettre fin aux discriminations en la matière derrière les barreaux.

Victoire de l’égalité

Employée comme téléopératrice par la société MKT Societal, Marylin Moureau, 36 ans, détenue à Versailles, a obtenu hier que la fin de sa collaboration avec l’entreprise soit reconnue comme un licenciement, alors même qu’il n’existe pas, aux termes de la loi, de lien juridique entre l’entreprise et le détenu. Il n’y a qu’« un acte d’engagement » entre la société et l’administration pénitentiaire.

Cette première saluée par l’Observatoire international des prisons (OIP) comme une victoire de l’égalité, renforce la détermination des deux avocats messins pour la reconnaissance d’un statut des travailleurs-détenus. « Il faut sortir des conditions actuelles, qui sont indignes », insiste Me Xavier Iochum.

Le 21 décembre dernier, le conseil des prud’hommes de Metz avait déjà décidé que le débat constitutionnel méritait d’être posé en transmettant leur dossier aux sages de la rue de Montpensier. Les deux avocats défendent Brahim S., employé plusieurs mois comme auxiliaire par la Sodexho, moyennant une rémunération trois fois inférieure au Smic. « Soit deux euros de l’heure, ce qui contrevient aux engagements internationaux de la France. »

Leur QPC s’appuie sur le préambule de la Constitution du 4 octobre 1958, qui prévoit que « nul ne peut être lésé dans son travail ou son emploi en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances ».

Selon Mes Hellenbrand et Iochum, « le seul fait qu’un travailleur exerce en prison ne doit pas le priver des droits associés au contrat de travail ».

Le Défenseur des droits, Dominique Baudis, vient de rejoindre la procédure lorraine au titre de la lutte contre les discriminations et demande à la Cour de cassation que la QPC soit transmise au Conseil constitutionnel.

Alain MORVAN.
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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 20:00

Ces vidéos sont intéressantes dans la mesure où l'on voit qu'il existe une grande diversité de travaux en détention, et que certaines situations sont très favorables, mais que pour la majorité des personnes, la galère s'intensifie au travail au sein de la prison.

 

 


 

 

 


 

 

 


 

 

 


 
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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 19:45

La question se précise, la problématique commence à émerger petit à petit dans la société. Le Républicain Lorrain relaie les différentes étapes liées à la Question Prioritaire de Constitutionnalité. Le dernier article en date de l'Est Républicain vient confirmer cette idée, et cela semble prendre de l'ampleur ces derniers jours, car une détenue vient de faire appel au conseil des Prud'hommes de Versailles pour faire appliquer le droit du travail en prison. Les choses peuvent évoluer assez rapidement.

 

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