Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 15:34

« Le cachot » de Denis LANGLOIS (août 1982) 

 

Photo-020-.jpg

L’auteur

 

Refusant d’exécuter son service militaire, Denis LANGLOIS est emprisonné en 1965. A sa sortie, il devient avocat au barreau de Paris (1968 à 1993) ainsi que conseiller juridique à la Ligue des Droits de l’Homme (1967 à 1971). Il est l’auteur d’une vingtaine de livres dont « Les Dossiers noirs de la police et de la justice françaises », « Panagoulis », « Le sang de la Grèce », « Le guide du citoyen face à la police ».

 

 

4ème de couverture

 

Denis Langlois a écrit Le Cachot en 1966, à Fresnes, où il était détenu comme objecteur de conscience. Il raconte quarante-cinq jours de ‘‘mitard’’ : quarante-cinq jours de solitude, sans meubles, et avec un repas tous les deux jours.

 

Ce livre, c’est d’abord le récit d’une lutte constante pour garder son intégrité. Mais, au travers, se dessine aussi une description rigoureuse de l’univers carcéral, qui garde toute son actualité : si les quartiers de haute sécurité ont été supprimés, les mitards existent toujours. Par ailleurs, les effets psychologiques de la ‘‘punition’’ par isolement que rapporte Denis Langlois ont donné lieu à des études systématiques des professionnels de la destruction des personnalités. Ces études, depuis, ont conduit aux sinistres pratiques de ‘‘privation sensorielle’’.

 

Autre atteinte aux libertés individuelles : le refus de l’objection de conscience, également toujours actuel, puisque les aménagements passés ou à venir du statut d’objecteur paraissent loin de satisfaire les exigences de ceux qui le revendiquent.

 

 

Mon avis

 

Ce livre fait la description de la cellule disciplinaire, appelée ‘mitard’ dans l’argot pénitentiaire dont l’auteur dénonce la violence et le paradoxe qu’engendre le mitard et de façon plus large la prison : « il est vrai que ce sont les premières heures qui sont les plus pénibles. Un homme qui, par erreur, passe une nuit en prison en garde toute sa vie un souvenir horrifié. Celui qui y reste trois ou quatre ans n’en est plus là. Il a fini par s’habituer. »

 

Par là, il interroge le lecteur sur la réponse apportée par la société pour ‘’punir’’ le délinquant et sur le sens de la peine d’emprisonnement : « les juges ne sont guère perspicaces. Ils n’ont pas encore compris cette évidence. Ils fabriquent à la chaîne des repris de justice, de ces hommes qui passeront le plus clair de leur vie en prison, parce qu’ils ont appris à ne plus la redouter. »

 

En résumé, pour Denis Langlois, : « de cette rencontre avec la prison, il m’est resté quelque chose de plus profond que les mots : un dégoût de l’injustice, de la connerie brute des hommes. »

 

 

La prison est une sanction prononcée par la justice mais c’est également un espace de non-droit et d’injustice.

Partager cet article

Repost 0
Published by Kevin - dans Culture prison
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Genepi Nancy
  • Genepi Nancy
  • : Pour le décloisonnement de tous les lieux d'enfermement
  • Contact