L'Adversaire
Publié le 4 Février 2011
Emmanuel
CARRERE, « L'Adversaire »
4ème de couverture
Le 9 janvier 1993, Jean-Claude Romand a tué sa femme, ses enfants, ses parents, puis tenté, mais en vain de se tuer lui-même. L'enquête a révélé qu'il n'était pas médecin comme il le prétendait et, chose plus difficile encore à croire, qu'il n'était rien d'autre. Il mentait depuis dix-huit ans, et ce mensonge ne recouvrait rien. Près d'être découvert, il a préféré supprimer ceux dont il ne pouvait supporter le regard. Il a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.
Je suis entré en relation avec lui, j'ai assisté à son procès. J'ai essayé de raconter précisément, jour après jour, cette vie de solitude, d'imposture et d'absence. D'imaginer ce qui tournait dans sa tête au long des heures vides, sans projet ni témoin, qu'il était supposé passer à son travail et passait en réalité sur des parking d'autoroute ou dans les forêts du Jura. De comprendre, enfin, ce qui dans une expérience humaine aussi extrême m'a touché de si près et touche, je crois, chacun d'entre nous.
Mon avis
Dans « L'Adversaire », Emmanuel Carrère s'efforce de peindre les faits de la façon la plus objective possible afin de laisser transparaître la vérité parfois absurde de cette tragédie d'un homme qui a menti toute sa vie à ses proches. Cette distanciation volontaire confère plus de profondeur au récit et vient secouer le lecteur par la crudité des faits. « L'Adversaire » tient tout à la fois du documentaire, de la chronique judiciaire et de l'autopsie. C'est un livre qui conduit le lecteur, au-delà de sa révulsion pour l'acte commis, à s'interroger sur cet instant où tout bascule, allant de l'erreur à l'horreur en passant par la folie.
NB : L'Adversaire a porté à l'écran en 2002 par Nicole Garcia avec Daniel Auteuil dans le rôle principal.
KVL