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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 11:45

Au Centre Pénitentiaire de Nancy-Maxéville :

 

- les détenus travaillent pour l'entreprise privée GEPSA et pour la société Eiffage. Les avantages du Partenariat Public Privé, en quatre points.

 

- pour une heure de travail en atelier (concession de main d’œuvre), un détenu gagne environ 3,95 €uros (au total, en moyenne, pour 8 212 heures travaillées, il y a 32 422 €uros qui sont distribués dans le mois). C'est moins que les estimations théoriques qui prévoyaient une rémunération de 4,20 €uros. C'est la crise pour tout le monde. Il y a en moyenne 100 détenus par mois dans l'atelier.

 

- pour les postes de fonction travail service général, qui correspondent à la cuisine, à la cantine, à la buanderie, aux espaces verts, à la coiffure, à la bibliothèque, à la maintenance et au ménage ; un détenu gagne environ 1,80 €uros par mois (pour 7 633 heures travaillées, 13 815 €uros redistribués). Il y a en moyenne 83 personnes par mois qui travaillent pour le service général.

 

- Sur 41 881 heures de formation professionnelle proposées, il y en a 35 520 qui ont été effectivement réalisées.

 

- Les surveillants pénitentiaires sont excédés des charges de travail qui leur sont imposées, comme de devoir gérer tout un étage (80 personnes environ) ... tout seul. Les pressions psychologiques et les difficultés personnelles poussent de nombreux surveillants à prendre des congés, parce qu'eux aussi sont des hommes et femmes, après tout.

 

- Il y a, au 31 décembre 2012 :

* 270 détenus à la maison d'arrêt des prévenus (sur 180 places),
* 328 à la maison d'arrêt des condamnés (sur 212 places).
* Au total, en maison d'arrêt hommes, pour un effectif théorique de 392 places, il y a 598 personnes.
* Pour le centre de détention, il y a 175 personnes pour 241 places.
* A la maison d'arrêt des femmes, il y a 40 personnes pour 30 places.

 

 


 

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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 01:00

  Pays des droits de l’Homme, la France est régulièrement condamnée pour l’état de ses prisons. Ce jeudi, la Cour européenne a pointé du doigt les conditions de détention qui prévalaient à la maison d’arrêt de Charles III, la prison de Nancy qui a été fermée en juin 2009.

 

Pays des droits de l’Homme, la France est régulièrement condamnée pour l’état de ses prisons. Ce jeudi, la Cour européenne a pointé du doigt les conditions de détention qui prévalaient à la maison d’arrêt de Charles III, la prison de Nancy qui a été fermée en juin 2009.

 

La CEDH a estimé que notre pays avait violé l’article 3 de la Convention européenne qui stipule que « nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ». Elle condamne l’Etat à verser 10.000 € au requérant, Enzo Canali, 60 ans.

En mai 2006, cet Italien avait écopé de huit de prison pour meurtre et avait été écroué à Charles III, établissement construit en 1857… Dans sa cellule de neuf mètres carrés partagée avec un co-détenu, il avait alors découvert un univers impensable : les cafards sur les murs, les toilettes qui trônent au milieu de la pièce sans séparation, le manque de pression de la chasse d’eau, les planchers pourris par l’humidité, les lits superposés descellés, l’odeur pestilentielle, le froid en hiver, le manque d’aération et de lumière ou encore les fils électriques dénudés au-dessus du lavabo.

Conseillée par Me Delphine Mercier, avocate et correspondante à Nancy de l’OIP (Observatoire international des prions), le détenu avait alors entamé un long chemin afin de dénoncer ces « conditions inhumaines ». Mais, au final, sa plainte avec constitution de partie civile avait débouché sur un non-lieu.

Ne restait plus que la Cour européenne. Dans son arrêt rendu hier, la juridiction relève qu’Enzo Canali était dans une cellule de neuf mètres carrés avec un autre détenu et que ce taux d’occupation correspond « au minimum de la norme recommandée ». Les magistrats notent que « d’autres aspects des conditions de détention sont à prendre en compte : la possibilité d’utiliser les toilettes de manière privée, le mode d’aération, l’accès à la lumière et à l’air naturels, la qualité du chauffage et le respect des exigences sanitaires de base ».

Par ailleurs, la Cour estime que le requérant ne disposait que « d’une possibilité très limitée de passer du temps à l’extérieur de la cellule », la seule activité extérieure dont il pouvait bénéficier étant la promenade dans une cour de 50 mètres carrés surpeuplée.

Au final, la Cour a considéré que « l’effet cumulé de la promiscuité et des manquements relevés aux règles d’hygiène ont provoqué chez le requérant des sentiments de désespoir et d’infériorité propres à l’humilier et à le rabaisser. Ces conditions de détention s’analysent en un traitement dégradant au sens de l’article 3 de la Convention ».

 

http://3.bp.blogspot.com/-Rf0qXyg4Ha8/TtaSMr_gUYI/AAAAAAAALl4/lBZs1tvhiiI/s400/Prison%2BCharles3%2Bfa%25C3%25A7ade1.jpg

 

Une condamnation à conjuguer à tous les temps !

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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 21:00

"Comment concilier deux concepts a priori opposés : soigner et punir ?"

 

 

Avec le son, c'est mieux : https://soundcloud.com/genepi-nancy/08-la-sant-en-prison

 

- Petit extrait audio d'une publication de Canal Académie sur le sujet de la santé en détention.

 

- Une bibliographie non exhaustive sur le sujet, tirée du site Ban Public, l'une des références majeures.


- Pour ce qui est de la psychiatrie en prison, des liens entre psychologie et détention, nous verrons cela dans une prochaine chronique. Mais je peux quand même vous indiquer ce lien pour commencer à intégrer le sujet.
 

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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 21:00

Lettre anonyme d’un détenu de la prison de la Santé sur les conditions de détention et sur la prison en général - mars/avril 2011


Comme un chien enragé

Pour écrire un texte comme celui-ci, je suis bien obligé de partir de ma propre expérience, de partir du particulier pour discuter de l’universel. Je suis actuellement incarcéré en détention préventive à la prison de la Santé, à Paris. J’espère ici réussir à donner un bon aperçu de cette vie de chien, une plongée en apnée dans l’univers carcéral. Je suis pour la destruction totale de tous les lieux d’enfermement quels qu’ils soient, et avant mon incarcération, je participais déjà aux luttes anticarcérales et avais donc développé un certain intérêt pour la condition du prisonnier, et pourtant la prison telle que je la vis aujourd’hui est assez éloignée de la façon dont je pouvais me la représenter concrètement vue de l’extérieur. Ce texte tend donc à s’inscrire dans la modeste perspective de faire visiter cette taule, sans compromis et à titre de contre-information, à tous ceux que cela intéresse, mais surtout pour tous ceux qui luttent contre la taule et pour qui, une meilleure connaissance de ce qu’est réellement la prison ne pourra qu’aider à mieux la combattre et à comprendre les mécanismes qui s’y jouent. Ce texte est donc basé sur mon expérience personnelle ainsi que sur des témoignages et informations recueillies auprès d’autres détenus à la maison d’arrêt de la Santé, qui n’est qu’une taule comme une autre. Il s’adresse à tous ceux, forcément révolutionnaires, qui souhaitent la destruction de tous les lieux d’enfermement, mais aussi aux proches de détenus et aux détenus eux-mêmes.

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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 19:45

 

J'ai retrouvé cet article sur le site très bien foutu : "Patrimoine carcéral". Il y a vraiment des dossiers très intéressants, interactifs, et très agréables à lire. Je vous laisse en profiter.
 
 
Le 15 janvier 1972, une mutinerie éclate à la prison Charles III de Nancy. Philippe Artières (chargé de recherches au CNRS) dans un article intitulé : « La prison en procès. Les mutins de Nancy (1972) » nous raconte l’événement : « Au cours du petit déjeuner dans le réfectoire commun, des détenus se plaignirent de la mauvaise qualité du café, la discussion s’envenima et très vite l’émeute se déclencha et se généralisa : en moins d’une heure, les trois cents détenus qui composaient la population de la maison d’arrêt se mutinèrent. Les détenus en cellule libérés par ceux des dortoirs prirent le contrôle de l’ensemble des bâtiments, bureaux administratifs compris. Là, un tract fut imprimé sur la ronéotypeuse de l’établissement. Ce tract qui annonçait les principales revendications des détenus fut remis à l’administration qui, dans un premier temps, avait voulu reprendre le contrôle par la force puis, devant l’ampleur du mouvement, y avait renoncé. Mais ces revendications des détenus ne furent pas entendues ; les négociations à peines ouvertes furent bloquées et, assez vite, il fut décidé de faire intervenir les gardes mobiles. Les détenus occupèrent alors les toits de la prison jusqu’en toute fin d’après midi, moment que le préfet choisit pour faire intervenir les forces de l’ordre épaulées par un hélicoptère. Le soir du 15 janvier, l’ordre régnait à Charles III. »
 
L’auteur apporte également des précisions sur le comportement des détenus dont la moyenne d’âge est plutôt jeune. Selon lui, il n’y a eu aucune violence envers le personnel de la prison. Il régnait même «  une certaine gaité » parmi les détenus. « Certains détenus avaient attaqué la cantine et distribué la totalité des réserves ainsi que le stock de bières […] d’autres avaient descellé les rares lavabos, tandis que la toiture avaient été largement endommagée par les prisonniers qui l’occupaient, les mutins s’étant servis des tuiles pour repousser les assauts des forces de l’ordre. »
 
La mutinerie est assez sévèrement réprimée : alors que certains détenus sont transférés dans d’autres établissements, six, accusés d’avoir mené la révolte sont condamnés le 8 juin 1972 devant le tribunal correctionnel de Nancy à des peines allant de cinq à huit mois, pour l’exemple.
 
Le but de la révolte n’était pas de mettre à sac la prison mais de formuler un certain nombre de revendications. Ainsi, ils demandaient : « une justice plus équitable à l’intérieur des prisons de la part des surveillants et de l’encadrement », « une justice honorable ainsi que la suppression de la tutelle pénale, l’interdiction de séjour ». Selon eux également, « les lundi, mardi, mercredi les détenus passant devant le tribunal correctionnel de Nancy se [voyaient] infliger des peines beaucoup trop lourdes par rapport aux détenus passant devant le tribunal les autres jours », ils voulaient savoir pourquoi. Ils réclamaient aussi « la fin des violences physiques des surveillants dont ils avaient été l’objet à la suite de légères infractions.» Leurs autres revendications portaient sur la qualité de leur alimentation et le manque d’hygiène et de chauffage dans les dortoirs.
 
Pour pouvoir évoquer tous ces détails, Philippe Artières s’est appuyé sur différents types de sources : la presse, qui à l’époque a beaucoup relaté l’évènement, des témoignages de détenus publiés par la suite et les archives du GIP (le Groupe d’Information des Prisons) récemment déposées à l’IMEC (Institut Mémoires de l’Edition Contemporaine).
 
La mutinerie de Nancy intervenait un mois exactement après celle de la centrale Ney de Toul et au lendemain de la publication du rapport d’une commission d’enquête présidée par l’avocat général Schlmek qui cherchait à en établir les responsabilités. Au cours de l’automne 1971 et au début de l’année suivante, il y a en a eu d’autres encore dans des établissements de l’est du pays, ainsi qu’à Lyon, Toulouse et Nîmes, une trentaine en tout. On le voit bien, il s’agit d’un mouvement d’ampleur nationale. Philippe Artières montre que chaque mutinerie présente des caractéristiques similaires : à chaque fois, le mouvement est « collectif, spontané et inorganisé » ; les revendications portent sur : « les conditions de détention » et l’ « exercice de la justice ».
 
Cette série de mutineries intervient dans un contexte particulièrement chargé sur le plan idéologique : 1968, des gauchistes incarcérés … En outre, le Groupe d’Information sur les Prisons (GIP) crée un an auparavant (notamment par Michel Foucault) se fait le porte parole des revendications des détenus et des témoignages de plusieurs médecins (par exemple celui d’Edith Rose, alors psychiatre à la Centrale de Ney de Toul). La prise d’otage de Clairvaux met le feu aux poudres.  Le 22 septembre 1971, 2 détenus (Buffet et Bontems) prennent en otage  une infirmière et un surveillant à l’infirmerie de la prison. Les deux otages meurent égorgés. L’opinion publique est secouée et en mesure de représailles, le ministre de la justice de l’époque, René Pleven annonce la suppression des colis de noël «sous la pression des principaux syndicats pénitentiaires », toujours selon Philippe Artières.
 
Valérie Richard de l’Est Républicain a publié une série de trois articles sur la mutinerie de Charles III au mois d’avril 2012. Selon elle, Nicolas Drolc, un jeune réalisateur a retrouvé des vieux négatifs de photographies prises par son propre père, Gérard Drolc, journaliste et photographe qui étaient présent au moment des faits. 

 

Il travaille actuellement sur un projet de documentaire intitulé « Sur les toits. Hiver 1972 : Mutineries dans les prisons françaises ». Il est à la recherche de témoignages de surveillants, d’anciens détenus et de membres du GIP et de vidéos amateurs. Il a d’ores-et-déjà pu s’entretenir avec Henri Leclerc, l’un des avocats des mutins nancéiens, et un ancien détenu de Charles-III. Vous trouverez une présentation du projet sur cette page web : http://www.lesmutins.org/Sur-les-toits-Hiver-1972.html ; ainsi qu’une vidéo qui nous donne un avant goût du futur documentaire.

 

Sources :
 
Artières Philippe. La prison en procès. Les mutins de Nancy (1972). In: Vingtième Siècle. Revue d'histoire. N°70, avril-juin 2001. pp. 57-70, URL : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/xxs_0294-1759_2001_num_70_1_1345, consulté le 21 février 2012
 
Philippe Artières , « Les mutins, la psychiatre et l’aumônier », Le Portique [En ligne], 13-14 | 2004, mis en ligne le 15 juin 2007, URL : http://leportique.revues.org/index617.html, consulté le 27 février 2012. 
 
 
Valérie Richard, « Nancy: Que sont devenus les mutins de la prison Charles III ? », Estrepublicain.fr [En ligne], 16 avril 1012, URL : http://www.estrepublicain.fr/meurthe-et-moselle/2012/04/16/que-sont-devenus-les-mutins, consulté le 8 juin 2012
 
Valérie Richard, « Simone Signoret au secours de Toul », Estrepublicain.fr, 16 avril 1012, URL : http://www.estrepublicain.fr/meurthe-et-moselle/2012/04/16/simone-signoret-au-secours-de-toul, consulté le 8 juin 2012.
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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 22:00

La communication en détention, c'est déjà vraiment pas évident ... Mais quand on est illettré, c'est une autre paire de manches ! Décryptage des problématiques par Nicolas et Lessia du GENEPI Nancy.

 

 

Avec le son, c'est mieux : https://soundcloud.com/genepi-nancy/07-lillettrisme-en-prison

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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 12:15

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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 13:45

Merci à Metz pour ce super week-end de réflexion et de formation sur la santé en prison ! Au programme : liens entre troubles psychiatriques et prison, le handicap en détention, et un panorama global sur les accès aux soins pour les personnes incarcérées. Le lendemain, un bilan régional, groupe par groupe et la préparation de la fin d'année.

Mais surtout, le samedi soir, une pure soirée ! Encore merci à tous les génépistes nancéiens, messins, bisontins, strasbourgeois, estiens en général !

WERF 2013 à Metz
WERF 2013 à Metz
WERF 2013 à Metz
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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 17:00

Sixième chronique, enregistrée dans le Quartier Général du GENEPI Nancy, par Justine, Matthieu et Pierre, tous trois responsables de groupe. Et ça parle de la taule.

 

 

 

 

Avec le son, c'est mieux : https://soundcloud.com/genepi-nancy/06-le-vocabulaire-de-la-prison

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 14:15

Thème d'Assises du GENEPI en 2013 :

 

Les bénévoles du projet du GENEPI en Guadeloupe en août 2012 ont souhaité réfléchir de manière plus approfondie à la question de l'exportation du modèle carcéral métropolitain dans les territoires ultra-marins. La situation carcérale en Outre Mer est peu connue en France métropolitaine alors qu'elle est catastrophique : le taux d'incarcération est souvent plus élevé qu'en métropole, fruit d'une politique migratoire déplorable et d'une précarisation croissante de la société. Les conditions de détention sont indignes, les spécificités locales peu prises en considération. Les bénévoles souhaitent donc que le GENEPI soit sensibilisé à ces questions pour, de manière plus globale, questionner la pertinence d'un GENEPI ultra-marin.

 

Je suis particulièrement l'actualité des prisons en Polynésie française, notamment à Tahiti. Par exemple, en décembre 2012, il y a eu un rapport sur l'état des prisons aux Baumettes, à Marseille. Soit. C'est dégueu, il y a des rats, les conditions de détention sont pourries. Grosse mobilisation médiatique. Normal, c'est Marseille, c'est près de chez nous. Quinze jours plus tard, l'Observatoire International des Prisons souhaite profiter de la déferlante médiatique pour sensibiliser sur la situation à Nuutania (Tahiti donc). Mais bon, ce signal d'alarme arrive pendant Noël, et passe complètement inaperçu. Le Contrôleur Général formule également les mêmes remarques, pas plus d'écho. Nuutania, les Baumettes oubliées.

 

Dans ce cas, on réfléchit à désengorger la plus grosse prison de Polynésie française, qui connaît plus de 222 % de surpopulation dans son centre de détention, et près de 300 % dans la maison d'arrêt. Ce ne sont que des chiffres, mais pour faire clair, pour la maison d'arrêt, pour 54 places, on a 160 personnes. Pour le centre de détention, pour 111 places, on a 245 personnes.

 

On imagine donc construire un centre de détention flambant neuf à Tahiti, à Papeari. Le chantier de la prison démarrera au milieu de l'année 2013, et on a un bon aperçu de ce à quoi à "devrait" ressembler.

 

 


 

 

L'explication de Christiane Taubira, actuelle Garde des Sceaux, est assez ambivalente, mais intéressante pour les territoires ultra-marins et éclairante sur la situation que connaissent leurs prisons en général.

 

"Il faut favoriser les aménagements de peines. Fin août, je présenterai une circulaire d’orientation de politique pénale en conseil des ministres. Elle doit rappeler la nécessité de l’individualisation des peines et de leur exécution, en particulier les courtes peines, en les adaptant aux situations réelles des condamnés. Cette circulaire sera particulièrement adaptée à la situation outre-mer où le recours à l’aménagement des peines est plus faible que dans l’Hexagone. La prévention de la récidive doit permettre, sur moyen et long terme, de diminuer le nombre de personnes détenues. Pour faciliter la réinsertion en particulier des jeunes, il est nécessaire de sortir les personnes détenues de l’inoccupation, voire de l’oisiveté."

 

 

 

En bonus : une histoire assez incroyable sur les prisons d'outre-mer, renvoyant à l'éruption en 1902 de la Montagne Pelée. Le récit de Louis-Auguste Cyparis, l'un des deux seuls survivants de la terrible éruption, parce qu'il était enfermé dans sa cellule de prison. Je ne sais pas s'il faut en retenir une quelconque morale, mais bon ... " Au moment de l'éruption, Cyparis, un ouvrier de 27 ans, était enfermé seul dans une cellule de la prison pour avoir participé à une bagarre dans un bar. Sa cellule n'avait pas de fenêtre, ventilée par une simple ouverture sur la face opposée au volcan".

 

 

 

 

En bonus, volume II : le livret des Assises du GENEPI consacré à la question, résumant tous les chiffres-clés et toutes les problématiques sur les prisons de l'outre-mer français

 

En bonus, volume III : le lien vers une émission du GENEPI de Paris, sur Radio Campus Paris de l'année dernière (janvier 2012), Être en prison outre-mer.

 

En bonus, volume IV : le lien vers une émission de Radio Bienvenue Strasbourg, animée vendredi 5 avril 2013 (17h), par le GENEPI Strasbourg, avec Elsa et Kévin pour Strasbourg, Caroline pour Besançon, et Pierre pour Nancy. Les prisons d'outre-mer.

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