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23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 17:46

Article paru dans l'Est Républicain en page / REGION


Apprendre derrière les barreaux


Les étudiants du Génépi dispensent bénévolement des cours aux détenus de la maison d'arrêt de Nancy. Reportage.


NANCY. - « J'ai appris que le Génépi existait par un prof de la fac. J'interviens depuis un an. Et ce qui me plaît vraiment, c'est le sentiment d'être utile ». Assise face à une demi-douzaine de détenus, Vanessa, 22 ans, propose un cours de musique un peu particulier (blind-test et improvisations de rap). C'est l'une des 32 génépistes qui franchissent chaque semaine les portes de la prison de Nancy.

Le Groupement d'Etudiants National d'Enseignement aux Personnes Incarcérées a été créé en 1976, suite aux violentes émeutes des deux étés précédents. Il regroupe aujourd'hui près de 1.300 étudiants qui dispensent des cours dans près de la moitié des 181 établissements pénitentiaires français.

« Ici, vous avez du temps... »

« Le Génépi a pour fonction d'intervenir auprès des détenus en prison, dans des matières plutôt scolaires, comme les langues ou le droit, mais aussi dans d'autres comme la musique, le code de la route ou les jeux de société. Avec une règle d'or : ne pas parler aux détenus de leur passé pénal, de leur affaire », expliquent Alexis Briat, président du Génépi Nancy, et Alexa David. « La seconde mission est l'information et la sensibilisation du public qui ne connaît pas l'état de nos prisons et ne sait pas ce qui s'y passe. Il y a beaucoup d'a priori de la population française sur les prisons. Pour lutter contre ces idées toutes faites, on propose donc des cafés-débats, des cinés-débats ou encore des interventions dans les collèges et les lycées ».

« Les génépistes interviennent en complément des heures d'enseignement dispensées par l'Education nationale », explique Patrick Pierrel, responsable de l'enseignement à la maison d'arrêt de Nancy. « Nous, ici, nous avons 20 profs en vacation. Le niveau va de l'illettrisme au lycée. Les cours du Génépi viennent en complément de cette structure Education nationale ».

20070911_rlor6596.jpgLe bruit des clés

Chaque mardi matin, Patrick Pierrel rencontre les nouveaux '' arrivants ''. Et leur présente les activités du Génépi. « Ici, vous avez du temps. Profitez-en pour faire quelque chose d'utile et qui puisse vous servir à la sortie... ».

 « Je suis incarcéré depuis janvier et je devrais sortir en octobre », confie Malik, 35 ans, qui ne raterait pour rien au monde son heure d'anglais. « Je viens pour apprendre cette langue qui est utilisée partout dans le monde. Je fais aussi de l'informatique. Avec l'anglais, on peut se débrouiller partout. Mais une heure par semaine, ce n'est pas suffisant. Durant la semaine, en attendant l'heure de cours, je feuillette ce que j'ai fait précédemment. Si j'ai un dictionnaire franco-anglais ? Non. Je n'ai pas assez de sous. Vous savez, tout est cher ici. Ce sont les prix d'une station-service... Les étudiants sont sympas. Pour moi, les voir, c'est aussi une façon de changer d'atmosphère, de changer d'air ».

« C'est vrai que la première fois que l'on pénètre dans une prison, on est surtout marqué par le nombre de portes à franchir. Et par le bruit. Les claquements, le bruit des clés », souligne Alexis Briat. « Et même maintenant, après plusieurs mois, quand je sors, après les cours, il me faut quelques minutes pour revenir à la réalité ».


« Un peu de dehors... »


« J'ai toujours eu envie de découvrir le milieu carcéral « , note Marie-Caroline, 22 ans, étudiante en quatrième année de droit. « Et puis c'est en relation avec les concours que je souhaite passer : conseiller d'insertion et de probation et lieutenant de police. Nos cours permettent aux détenus de sortir de leur cellule, de parler à d'autres personnes qu'aux surveillants ou aux avocats. Ils avouent souvent qu'ils sont très contents de nous voir ».


Dans le cours de musique, Marc, Nancéien de 23 ans, met l'ambiance.

 

« Je suis là pour un an. Enfin, peut-être moins. Cela dépend... Moi, je participe à tous les cours possibles. Cela me fait onze heures par semaine. C'est une façon de voir du monde, de sortir de cette cellule de neuf mètres carrés où nous sommes six. Les étudiants, c'est un peu de dehors qui vient dans la prison... ».

 

Eric NICOLAS •  Contact : Génépi Nancy : genepi_54@hotmail.fr

© L'Est Républicain - 11.09.2007

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23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 15:57

Article paru dans l'Est Républicain en page / Evénement Nancy

Charles-III de l'intérieur

Amorce de dialogue dans cette maison d'arrêt vétuste, promise à destruction, dans deux ans...

Des détenus au vernissage d'une exposition en prison, ce n'est pas courant. La tenue, dans la foulée, d'une table ronde sur « l'évolution des conditions de détention » est encore plus exceptionnelle. D'autant que la discussion réunissait hier après-midi à Nancy, derrière les épais murs de Charles-III, des détenus, la directrice et son adjointe, des représentants d'associations d'aide aux détenus, des personnels du service de probation, un magistrat du TGI de Nancy. Témoins : des journalistes.

L'administration pénitentiaire a-t-elle changé de politique, comme l'assure la directrice ? Ou les consignes sont-elles d'éviter que les associations dénonçant « les conditions inhumaines de détention en France » monopolisent la parole sur le thème des prisons ? Echéances électorales en perspective.

Le dialogue fut timide, pour cette grande première. Sur les 330 détenus actuellement incarcérés dans cet établissement de 262 places, douze seulement ont accepté de participer à l'échange. Il faut dire que les conditions de détention restent déplorables, malgré les réels efforts déployés par la nouvelle directrice, Aude Curto, qui assure vouloir conjuguer « le bon ordre pénitentiaire avec le respect des droits de la personne ».

Mais la prison de Nancy date de 1857. Odeurs de vieux bois, relents de cave, puanteurs rances dans des cellules de 9 m2 pour six détenus couchés sur des lits superposés dont certains sommiers sont en tôle avec des trous dedans. L'été, avec la chaleur et la surpopulation, c'est l'enfer !

Les gardiens tentent au mieux de répartir les hommes, mais leur bonne volonté a des limites. D'autant qu'un taux non négligeable de détenus souffre de problèmes psychiatriques plus ou moins aigus. Certains observateurs assurent qu'il frôle les 40 % !

 Charles-III-de-l-interieur--autorise--.jpg

La prison de Nancy date de 1857...                                      Photos Serge LALISSE


Bruits de la ville à proximité...

 

Les cellules du rez-de-chaussée ont été refaites, pas les autres. Les douches sont sommaires. Les murs lépreux. Le moindre bruit résonne dans des coursives ouvertes sur deux niveaux. Le décor de « Prison Break » n'est pas loin, mais ce n'est pas du cinéma. Les cris font froid dans le dos. L'écho des gâches électriques qui se referment... Clic !

« Le bruit des trains à proximité de la prison, ça me donne le moral, peut-être un peu d'espoir », a dit un détenu, un jour, à un étudiant qui faisait du bénévolat au centre de documentation. François Lecompte, 23 ans, a relevé les paroles. L'étudiant de l'association Genepi, venu mener des activités socioculturelles avec les détenus, a porté ces mots au bas d'un de ses dessins au crayon à encre.

« Dès que je suis entré ici, j'ai voulu comprendre. Etant architecte, j'ai commencé à dessiner... » Douze croquis des intérieurs de Charles-III sont accrochés dans le couloir de l'espace réservé à l'enseignement. La directrice a donné son autorisation. Nouvelle preuve d'ouverture.

François Lecompte a voulu montrer « qu'ici, le temps n'existe presque plus. L'espace est cloisonné. On n'a plus de repère. Le bruit de la ville derrière est important. J'ai peur qu'avec la construction de la nouvelle prison, au Haut-du-Lièvre, on perde ça... »

Déménagement prévu en 2009.

 

Philippe MERCIER

© L'Est Républicain - 08.02.2007

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23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 01:00

I.      Conclusions

A.   Les cantines des établissements pénitentiaires.

 

Le GENEPI rappelle que la prison ne doit être que la privation de liberté. Ainsi sa position est que les personnes incarcérées doivent avoir accès au marché dans les mêmes conditions qu’à l’extérieur. De plus, nous rappelons que cantiner certains produits, comme le papier hygiénique ou les produits de toilette, est concrètement une obligation pour les personnes détenues, puisqu’ils ne sont pas fournis par l’administration pénitentiaire.

1.     Désignation imprécise des produits.

 

Les bons de cantine présentent souvent une désignation insuffisante des produits proposés. La marque et le poids sont des éléments qui sont souvent absents. Cela peut conduire, pour les personnes incarcérées, à devoir acheter des produits sans réellement pouvoir juger de leurs valeurs quantitative et qualitative, notamment par rapport au prix.

2.     Prix élevés.

 

Les prix proposés sur les cantines des établissements pénitentiaires sont, à de rares exceptions près, beaucoup plus élevés qu’à l’extérieur. L’augmentation constatée de certains produits par rapport aux prix pratiqués en supermarché pouvant aller jusqu’à plus de 70%.

Cette situation est inacceptable.

3.     Manque de diversité.

 

Il est rarement proposé plusieurs produits du même type, or il est important que les consommateurs puissent choisir parmi une gamme variée et concurrentielle. Il ne s’agit pas de proposer le même choix qu’un supermarché, mais pour chaque type de produit, un produit discount, un produit classique et un produit haute gamme pourraient être proposés.

De plus, le nombre de produits cantinables est limité, et il serait intéressant de trouver dans les bons de cantine une plus grande variété.

  

B.   La variation des prix en fonction de l’établissement pénitentiaire.

 

La différence de prix pratiqués entre les différents établissements pénitentiaires est flagrante et parfois indécente. Les prix peuvent être multipliés par 2, voire par 4 pour certains produits. Une différence de prix aussi importante ne saurait être justifiée. Dans la mesure où l’affectation à un établissement pénitentiaire n’est pas un choix, il est important que toutes les personnes soumises au régime de l’incarcération puissent bénéficier dans mêmes conditions d’achat, notamment des mêmes prix, sur l’ensemble du territoire.

 

II.    Propositions


 A.   Une législation plus claire.

 

Il semble indispensable qu’une législation plus claire concernant le tarif que peuvent pratiquer les établissements pénitentiaires soit mise en place. En effet, actuellement, la législation prévoit que les prix pratiqués en cantine ne doivent pas être supérieurs à la moyenne des prix existants dans la ville où est situé l’établissement pénitentiaire. Il semble assez difficile d’établir cette moyenne pour chaque établissement, et donc de vérifier les prix pratiqués en cantine par rapport à cette moyenne. De plus, cette législation contribue à l’application de tarifs différents dans les différents établissements pénitentiaires.

 

B.   Une uniformisation du système des cantines.

 

Une uniformisation nationale, ou du moins régionale, du fonctionnement des cantines, serait souhaitable. Il faut mettre en place des bons de cantine communs à tous les établissements, avec une liste de produits obligatoirement proposés par chaque établissement pénitentiaire et des prix identiques au niveau national.

Une centrale d’achat pourrait être mise en place dans chaque région pénitentiaire, comme cela est le cas dans la direction interrégionale des services pénitentiaires de Lille, afin d’obtenir des tarifs plus avantageux et uniformes sur l’ensemble des établissements pénitentiaires.

 

C.   Une plus grande transparence.

 

La transparence est une caractéristique essentielle d’un pays démocratique. Lors de cette étude, il a parfois été difficile voire impossible d’obtenir des renseignements précis ou certains bons de cantine. Il est du devoir de l’administration pénitentiaire de rendre ces informations publiques.

De plus, aucune pression ne doit être exercée sur les citoyens et les associations qui chercheraient à obtenir ces informations et à les rendre publiques.

 

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23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 00:50

Il s’agit ici de comparer les prix appliqués par les différents établissements afin de déterminer si les personnes incarcérées ont accès aux produits des cantines au même prix dans tous les établissements pénitentiaires du territoire. Seuls les produits identiques (même marque et même format) pourront être comparés. Cela implique une désignation précise du produit par l’administration pénitentiaire.

 

1.     Etude comparative à partir des bons de cantine :

 

Après examen des bons de cantine, nous constatons que peu de produits proposés dans les établissements de Toul et de Saint-Mihiel sont identiques et donc comparables. Cela ne nous permet donc pas de tirer des conclusions.

 

Produits

Centre de détention de Saint-Mihiel

Centre de détention de Toul

Variation entre le prix le plus bas et le plus élevé

Thé Lipton Yellow (25 sachets)

1,79€

1,84€

+2,79%

Sauce au poivre Knorr (28g)

0,97€

1,27€

+30,93%

  

2.     Etude comparative à partir du courrier de la direction régionale des services pénitentiaires de Strasbourg :

 

Le courrier envoyé par la direction interrégionale des services pénitentiaires de Strasbourg a permis un comparatif d’un nombre plus important de produits sur plusieurs établissements pénitentiaires, et ainsi obtenir des résultats plus significatifs.

 

Produits

Centre de détention de Toul

Maison d’arrêt de Nancy

Maison d’arrêt d’Epinal

Centre de détention d’Ecrouves

Centre de détention de Montmédy

Variation entre le prix le plus bas et le plus élevé

Mélange chicorée-café soluble Nestlé (250g)

 

5,14€

5,21€

5,40€

 

5,06%

Bière sans alcool Kronembourg (33cL)

0,62€

 

 

0,70€

 

12,90%

Eau minérale Cristaline (1,5L)

 

0,19€

0,20€

 

 

5,26%

Lait Vitalac (1L)

0,63€

 

0,67€

 

 

6,35%

Sucre en morceaux Erstein (1kg)

 

 

1,63€

1,57€

 

3,82%

4 Yaourts natures Nova

 

 

0,65€

0,80€

 

23,08%

Coca-cola (33cL)

 

0,43€

0,40€

0,45€

 

12,5%

Coca-cola (1L)

1,28€

 

 

1,35€

 

5,47%

6 Œufs Abhervé

5,88€

 

1,19€

1,14€

 

415,79%

Lessive Génie (600g)

2,08€

 

2,52€

 

 

21,15%

Lessive Génie (650g)

 

2,40€

 

2,30€

 

4,35%

10 Enveloppes GPV

0,10€

 

 

0,24€

 

120%

Briquet Cricket

0,79€

 

1,34€

1€

 

69,62%

Harissa Cap bon (70g)

 

 

0,51€

0,58€

 

13,73%

Orangina (33cL)

 

 

0,51€

0.55€

 

7,84%

 

Certains produits proposés par différents établissements présentent une variation de prix très surprenante.

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23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 00:40

2.     Centre de détention de Saint-Mihiel :

 

Le centre de détention de Saint-Mihiel est un établissement en gestion mixte. C’est la société SIGES qui gère la cantine. La désignation des produits est précise mais il manque parfois la marque. Voici un comparatif des prix pratiqués en cantine avec les prix que l’on peut trouver à l’extérieur :

 

Produits

Prix au centre de détention de Saint-Mihiel

Prix E.Leclerc²

Augmentation par rapport à E.Leclerc

Coquillettes Lustucru aux œufs (250g)

0,85€

0,63€

+34,92%

Spaghetti Barilla (500g) N°5

1,09€

0,87€

+25,29%

Riz sachet cuisson Uncle Ben’s (4X125g)

1,66€

1,43€

+11,15%

Biscuit BN chocolat (300g)

1,46€

1,16€

+25,86%

Crème Mont Blanc praliné (510g)

1,90€

1,75€

+8,57%

Napolitain classic Lu (250g)

2,18€

1,97€

+10,66%

Pim’s Lu fourré fruits (150g)

1,53€

1,18€

+29,66%

Céréales smacks Kellog’s (375g)

2,60€

2,14€

+21,50%

Céréales chocolat Chocapic Nestlé (375g)

2,89€

2,15€

+34,42%

Confiture de fraise Bonne Maman (370g)

1,84€

1,46€

+26,03%

Nutella (400g)

2,49€

2,34€

+6,41%

Yaourt à boire Yop (750ml)

2,53€

1,77€

+42,94%

Déodorant stick Mennen (50ml)

4,90€

3,40€

+44,12%

Lessive liquide Ariel (3L)

10€

8,12€

+23,15%

Recharge Airwick

5,07€

3,52€

+44,03%

Cigarettes Winston (25)

6€

6€*

0%

Magazine France football

2€

2€*

0%

 

Nous constatons que les prix proposés aux personnes incarcérées du centre de détention de Saint-Mihiel sont supérieurs à ceux que l’on peut trouver en supermarché.

 

3.     Maison d’arrêt de Bar-le-Duc :

 

L’administration a accepté de donner nous les bons de cantine mais les prix des produits n’y figurent pas ce qui selon nous est déjà un problème pour les détenus. Selon la direction de l’établissement, les prix sont affichés sur les murs en détention. La direction a refusé de nous communiquer les prix.

Les produits ne sont pas détaillés, il ne figure ni la marque, ni la quantité. On peut ainsi lire « Harissa », « Mayonnaise » ou « Lessive main ».

 

4.     Maison d’arrêt de Nancy :

 

Nous n’avons pas réussi à obtenir les bons de cantine de la maison d’arrêt de Nancy. Le comparatif suivant a été effectué sur la base du courrier envoyé par la direction interrégional des services pénitentiaires :

  

Produits

Prix à la maison d’arrêt de Nancy

Prix E.Leclerc[i]

Augmentation par rapport à E.Leclerc

Ricoré chicorée café soluble NESTLE (250g)

5,14€

4,24€

+21,23%

Eau de source CRISTALINE (1,5L)

0,19€

0,17€

+11,76%

Oasis (33cL)

0,53€

0,49€

+8,16%

 

Sur les 21 produits sélectionnés par l’administration, seuls 3 ont pu être comparés. L’échantillon est trop faible pour être significatif.

 

5.     Maison d’arrêt d’Epinal :

 

Nous n’avons pas réussi à nous procurer les bons de cantine de la maison d’arrêt d’Epinal. La viande fraîche ne peut être cantinée. Il n'y a pas de frigo en cellule. Le comparatif suivant a été effectué sur la base du courrier envoyé par la direction interrégional des services pénitentiaires :

 

Produits

Prix à la maison d’arrêt d’Epinal

Prix E.Leclerc3

Augmentation par rapport à E.Leclerc

Ricoré chicorée café soluble NESTLE (250g)

5,21€

4,24€

+22,88%

Eau de source CRISTALINE (1,5L)

0,20€

0,17€

+17,65%

Orangina (33cL)

0,51€

0,49€

+4,08%

 

Sur les 21 produits sélectionnés par l’administration, seuls 3 ont pu être comparés. L’échantillon est trop faible pour être significatif.

 

6.     Centre de détention d’Ecrouves :

 

Nous n’avons pas réussi à obtenir les bons de cantine de la maison d’arrêt de Nancy. Le comparatif suivant a été effectué sur la base du courrier envoyé par la direction interrégional des services pénitentiaires :

  

Produits

Prix au centre de détention d’Ecrouves

Prix E.Leclerc3

Augmentation par rapport à E.Leclerc

Ricoré chicorée café soluble NESTLE (250g)

5,40€

4,24€

+27,36%

Eau minérale VITTEL

0,60€

0,55€

+9,09%

Coca-cola (1,5L)

1,35€

1,28€

+5,47%

Orangina (1,5L)

2,20€

1,60€

+37,5%

Orangina (33cL)

0,55€

0,49€

+12,24%

 

Sur les 21 produits sélectionnés par l’administration, seuls 5 ont pu être comparés. L’échantillon est trop faible pour être significatif.

 

7.     Centre de détention de Montmédy :

 

Nous n’avons pas réussi à nous procurer les bons de cantine du centre de détention de Montmédy et les indications du courrier envoyé par la direction interrégional des services pénitentiaires ne permet pas de comparer les prix. En effet, la marque ne figure sur aucun des 21 produits proposés.



[i] Prix prélevés sur www.quiestlemoinscher.com (Avril 2008)

 

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23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 00:26

1.     Centre de détention de Toul :

 

Il existe deux cantines différentes, la cantine « alimentaire quotidienne » et la cantine « achats extérieurs ».

La cantine « alimentaire quotidienne » est imprécise. Peu de produits sont proposés, elle contient essentiellement des produits de boucherie et de pâtisserie. La marque et l’origine n’apparaissent jamais, et la quantité n’apparait que pour quelques produits. Il est donc impossible d’établir un comparatif de prix.

La cantine « achats extérieurs » est précise et plus complète. Les achats se font chez Maximo. Voici un comparatif des prix pratiqués en cantine avec les prix que l’on peut trouver à l’extérieur :

 

Produits

Prix au centre de détention de Toul

Prix Maximo[i]

Augmentation par rapport à Maximo

Prix E.Leclerc[ii]

Augmentation par rapport à E.Leclerc

Sardines à l’huile Parmentier (3X135g)

4,73€

 

5,85€

-19,15%

2,76€

+71,38%

Conserve ravioli Panzani

(400g)

2,36€

2,26€

+4,42%

1,65€

+43,03%

Conserve coq au vin et pommes de terre William Saurin (400g)

4,01€

4,40€

-8,86%

2,67€

+50,19%

Conserve saucisses aux lentilles William Saurin (840g)

3,08€

4,30€

-28,37%

1,91€

+61,26%

Conserve cassoulet William Saurin (840g)

3,07€

3,76€

-18,35%

1,96€

+56,63%

Tagliatelles

Panzani (500g)

1,47€

2,34€

-37,18%

1,31€

+12,21%

Riz long étuvé Uncle Ben’s (1kg)

3,58€

4,99€

-28,25%

2,61€

+37,16%

Vinaigre de cidre Amora (75cl)

1,74€

2,98€

-41,61%

1,09€

+59,63%

Sauce béarnaise Bénédicta (240g)

2,36€

3,25€

-27,38%

1,24€

+90,32%

Sauce bolognaise Buitoni (250g)

2,05€

2,37€

-13,5%

1,27€

+61,42%

Sauceline Maizena (250g)

2,32€

2,57€

-9,73%

1,51€

+53,64%

3D’S bacon (85g)

1,39€

1,69€

-17,75%

0,89€

+56,18%

Cacahuètes grillées à sec Benenuts (150g)

1,27€

2,39€

-46,86%

0,72€

+76,39%

Canderel en poudre (75g)

3,24€

3,72€

-12,9%

2,43€

+33,33%

Café Familial Grand’mère (250g)

1,84€

2,43€

-24,28%

1,49€

+23,49%

Confiture de mirabelles Bonne maman (370g)

2,32€

2,73€

-15,02%

1,49€

+55,70%

Eau minérale gazeuse naturelle Perrier (8X20cL)

4,10€

4,81€

-14,76%

3,41€

+20,23%

Orangina (1,5L)

1,72€

2,14€

-19,63%

1,57€

+9,55%

Schweppes Agrum’ (6X33cL)

3,29€

4,44€

-25,9%

2,81€

+17,08%

Oasis pomme, cassis, framboise (2L)

2,05€

3,20€

-35,94%

1,81€

+13,26%

Carambar caramel (350g)

3,08€

4,33€

-28,87%

2,11€

+47,97%

Tablettes de chocolat au lait Milka (3X100g)

3,55€

4,18€

-15,07%

2,46€

+44,31%

 

Nous constatons que le prix pratiqué par Maximo au centre de détention de Toul est moins élevé que le prix que l’enseigne pratique à l’extérieur. Cependant, les prix proposés aux personnes incarcérées restent beaucoup plus élevés que les prix que l’on peut trouver en supermarché.

 


[i] Prix prélevés sur le catalogue Maximo (Mars/Avril 2008)

[ii] Prix prélevés sur www.quiestlemoinscher.com (Janvier/Février 2008)

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22 janvier 2010 5 22 /01 /janvier /2010 21:54

 

Extrait du Rapport 2006 sur le respect effectif des Droits de l’Homme en France du commissaire aux droits de l’Homme du conseil de l’Europe.

  

J’ai été très surpris de constater que bien qu’il s’agisse d’un service public général, l’administration pénitentiaire a été assez décentralisée pour que les prix des services offerts aux prisonniers dans les différents établissements varient d’une manière considérable. Pour une personne qui ne connaît rien du monde carcéral, la constatation que j’émets dans la phrase précédente pourrait paraître pour le moins bizarre. En fait, il faut savoir qu’un grand nombre de services sont payant dans les prisons. Il est clair que les personnes privées de liberté sont logées, nourries et soignées gratuitement. Pourtant, leurs besoins ne s’arrêtent pas là.

 

Dans chaque établissement, il existe une possibilité d’acheter des produits alimentaires, d’hygiène ou autres. L’on appelle cela plus communément « cantiner ». Dans tous les établissements visités, j’ai demandé à voir la liste des prix après avoir reçu des plaintes relatives au coût de la vie. J’ai en effet constaté avec étonnement que les prix varient très fortement. Ainsi, alors que le prix d’un paquet d’un kilogramme de sucre avoisine les 0,90 € dans une grande surface de Strasbourg, il était de 1,27 € à la Santé, 1,48 €, à Fleury-Mérogis et de 1,45 € à Strasbourg. En outre, selon les documents que nous avons pu consulter, le prix du sucre a subi une hausse singulière : 1,48€ en 2004 (1,28 € en 2003 et 2002), soit une augmentation de 15,6 %. Et cela n’est qu’un exemple d’une pratique généralisée. D’un côté, il me semble que même le plus petit prix parmi ceux que j’ai cités est assez élevé par rapport à ceux pratiqués dans le commerce, sans parler du fait que la plupart des prisonniers appartiennent à une tranche défavorisée de la population.

 

D’autre part, je ne comprends pas pourquoi il existe une telle disparité entre les prix. Il m’a été expliqué que les prix sont fixés par le directeur d’établissement après concertation avec des prestataires de service extérieurs choisis à la suite d’appels d’offres publics. Je comprends qu’il s’agit d’une procédure régulière. Toutefois, j’estime que l’administration doit veiller à ce que les intérêts des personnes détenues soient avant tout préservés, et donc que les prix pratiqués restent les plus accessibles possibles. Des services publics peuvent certes être effectués par des prestataires privés (en respectant évidemment toutes les procédures appropriées), mais avec l’objectif d’en améliorer la qualité dans l’intérêt des usagers et certainement pas d’en tirer le plus de profit commercial possible.

 

Alvaro Gil-Robles

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Lors des informations et sensibilisations du public, le GENEPI est souvent amené à parler des cantines, et notamment à critiquer leurs prix excessifs sans toutefois connaître la réalité des choses avec exactitude. Le groupe de Nancy a donc voulu en savoir plus et a décidé de se pencher sur la question des cantines, et plus particulièrement sur le prix des produits proposés en cantine. Pour cela, nous avons essayé de nous procurer les bons de cantine que l’administration pénitentiaire distribue aux personnes incarcérées.

 

Notre première démarche a été de les demander de façon informelle lors des visites des établissements pénitentiaires. C’est ainsi que nous nous sommes procurés les bons de cantine du centre de détention de Saint-Mihiel, du centre de détention de Toul et de la maison d’arrêt de Bar-le-Duc.

 

Pour compléter notre enquête, nous avons envoyé un courrier officiel à la maison d’arrêt de Nancy, le centre de détention d’Ecrouves, la maison d’arrêt d’Epinal, la maison d’arrêt de Bar-le-Duc et le centre de détention de Montmédy. A notre grande surprise, c’est le directeur interrégional des services pénitentiaires de Strasbourg, M. André SANCHEZ qui nous a donné réponse. Ce courrier nous a peu satisfaits, en effet les réponses à nos questions sont peu détaillées, et il est fait état de moyenne ce qui est un indicateur peu pertinent. Le courrier était accompagné de tableaux indiquant le prix de 21 produits proposés en cantine dans 5 établissements de la région.

 

Du point de vue de l’indépendance de l’enquête, il semble que les éléments de l’enquête basés sur les bons de cantine récupérés de manière informelle seront plus pertinents que ceux réalisés à l’aide des 21 produits  sélectionnés par l’administration pénitentiaire.

 

Cette enquête mérite certainement d’être approfondie.

 
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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 17:22

Deuxième formation régionale de l’année, le Week-End Régional de Formation (WERF) a pour objectif de permettre une réflexion des membres sur un thème préparé par l’ensemble des groupes régionaux. Les 7 et 8 mars 2009, le GENEPI Nancy a accueilli les bénévoles de l’Est (Belfort, Besançon, Dijon, Metz, Mulhouse,  Reims, Strasbourg, Troyes) à l’IRTS de Lorraine situé sur le plateau de Maxéville, non loin du nouveau centre pénitentiaire.

 

Pour aider les 60 génépistes présents à mener une réflexion sur le « Choc de l’incarcération », thème du week-end, plusieurs professionnels de la détention sont venus partager leur savoir sous forme de 3 ateliers :

- « Le choc de l’incarcération sur le plan psychologique » : points de vue de deux psychologues.  L’un travaillant dans une maison d’arrêt et l’autre en hôpital psychiatrique ;

- « Le choc de l’incarcération perçu depuis l’intérieur des prisons » : explications d’une assistante sociale et d’une conseillère d’insertion et de probation ;

- « Le choc de l’incarcération perçu depuis l’extérieur des prisons » : témoignages de deux bénévoles du Didelot (association accueillant les familles des détenus) et d’un membre de l’OIP.

 

Deux autres temps d’échanges entre bénévoles ont permis d’approfondir la question du choc de l’incarcération élargie à celle du suicide (traduction du mal-être) et de la torture (physique et psychique).

 

Enfin, les génépistes sont allés à la rencontre des passants au centre-ville de Nancy afin de les sensibiliser aux problèmes de l’incarcération. Ces échanges se sont poursuivis le samedi soir à la MJC de Maxéville (au Totem) à l’occasion d’un concert-expo.

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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 16:45

La journée prison justice s’est déroulée à l’école polytechnique de Palaiseau. La plénière d’ouverture a eu lieu en présence de l’amiral Alquier, directeur du cabinet de l’école polytechnique, M. Arnaud Philippe, président du GENEPI, M. Lionel Stoléru, ancien ministre et fondateur du GENEPI, M. Jean-François Beynel, directeur adjoint de l’administration pénitentiaire, M. Jean-Marie Delarue, contrôleur général des lieux de privation de liberté, et M. André Valloton, membre du conseil de coopération pénologique de l’Europe, ancien directeur des services pénitentiaires du canton de Vaud en Suisse.


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Les génépistes ont, ensuite, pu rencontrer, lors de trois ateliers successifs, différents acteurs du monde pénitentiaire :

 

Administration pénitentiaire

 

M. Vion, directeur de la maison d’arrêt de Nanterre.

 

Enseignement en détention

 

M. Hanssens, responsable local d’enseignement à la maison d’arrêt Bois d’Arcy.

 

Justice

 

Mme Lebrun, juge d’application des peines, présidente de l’ANJAP.

 

Santé

 

M. Suard, psychologue. Intervention sur la prise en charge des délinquants sexuels.

Mme Chantriot et M. Riccardi, association AIDES. Intervention sur la réduction des risques en détention.

 

Culture

 

Association les Productions de la Fabrique, sensibilisation du public par le théâtre et la lecture de texte de détenus.

Mme Royer, auteur d’un rapport sur la culture en prison, chargé de mission pour la direction interrégionale des services pénitentiaires d’Occitanie, et ancienne génépiste.

M. Kherfi, auteur de « Repris de justesse », consultant en prévention urbaine, anciennement incarcéré.

M. Pauly, conteur, anciennement incarcéré.

 

Culte

 

Mme Le Bourgeois, aumônerie catholique.

 

Protection Judiciaire de la Jeunesse

 

M. Leboeuf, éducateur PJJ à l’EPM de Porcheville, ancien génépiste.

 

Actualités – Liens familiaux

 

Mme Mercurio, réalisatrice du film « A coté ».

 

Associations

 

M. Bes, coordinateur régional Ile-de-France de l’Observatoire international des prisons.

M. Deriot, membre de l’association Ban public, anciennement incarcéré.

M. Saurin, délégué régional de la FARAPEJ.

 

Chercheurs

 

M. Combessie, sociologue de la prison.

 

Architecte / Géographe

 

M. Demonchy, architecte de prisons.

M. Lecompte, architecte, auteur d’une exposition sur la maison d’arrêt de Nancy.

 

Europe

 

M. Dubois, directeur de la prison de Bellevue à Neuchatel en Suisse.

 

Travail

 

M. Frietz, animateur d’une formation professionnel en prison, membre de la LDH.

M. Filière, chef de service emploi et formation GEPSA.

 

            La plénière de clôture a eu pour thème « Pourquoi punir ? Pourquoi punir par la prison ? », en présence de M. Antoine Lazarus, médecin, fondateur du groupement multi professionnels prison, M. Alain Blanc, président de cour d’assises  et président de l’association française de criminologie, et M. Julien Cantegreil, chercheur au centre de recherche en droit constitutionnel à l’université Paris 1, assistant de recherche au collège de France.

 

            La journée de formation s’est terminée par le spectacle de la Compagnie de la Fabrique, « Est-ce qu’on peut dire la prison ? ».
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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 16:16

Les bénévoles de la région Est se sont réunis les 18 et 19 octobre 2008 à Strasbourg pour le premier week-end de formation de l’année. Ce fut l’occasion pour les nouveaux bénévoles de se former aux règles de sécurité et à l’attitude à adopter en détention. Ils ont aussi suivi un atelier destiné à la préparation des activités en détention. Enfin, les nouveaux bénévoles ont assisté à un 38---25-Formation.jpgatelier de formation sur l’information et la sensibilisation du public qui est une mission importante du GENEPI.

 

            Quant aux anciens, les journées régionales de formation pédagogique ont été l’occasion pour eux de réfléchir aux actions du GENEPI, et aux nouvelles politiques sécuritaires. Ils ont aussi suivi un atelier de formation concernant une ISP particulière, les Journées parlementaires prison qui consistent à rencontrer députés et sénateurs afin de les inciter à faire usage de leur droit de visite des établissements pénitentiaires.

           

            Ce week-end a aussi été l’occasion de réunir la première réunion de coordination régionale de l’année, qui a permis de faire le point sur la politique régionale et de discuter de problèmes régionaux et locaux. 

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