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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 10:34

            Le 12 février 2008, Clémentine et Alexis, deux génépistes du groupe de Nancy se sont rendus au lycée Varoquaux à Jarville, invités par une classe de BTS. Les génépistes ont profité de cette occasion pour informer les 17 étudiants des différentes catégories d’infractions, des différents types d’établissements pénitentiaires, et de les sensibiliser aux conditions de détention. L’intérêt des ISP scolaire est de combattre les préjugés qui existent envers les personnes incarcérées pour faciliter leur réinsertion. Les étudiants nous ont paru très intéressés tout au long de nos deux heures d’échanges. Cette rencontre a aussi été l’occasion de débattre des dangers de la rétention de sûreté.

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 14:35

 

Dès les prémices de la loi sur la rétention de sûreté, le GENEPI, parce qu’il considère que toute peine doit nécessairement permettre la réinsertion dans la société, s’y oppose immédiatement. La rétention de sûreté permet d’enfermer des personnes qui ont purgé leur peine, non pas parce qu’elles ont commis une nouvelle infraction, mais parce qu’il serait possible qu’ils en commentent une.

 

Le groupe de Nancy participe au combat contre la rétention de sûreté. C’est ainsi que Vanessa, responsable de groupe du GENEPI Nancy, a organisé une conférence contre la rétention de sûreté, le 6 février 2008, à la faculté des Lettres de Nancy. La soirée, qui dura deux heures, fut animée par Clémentine.

 

            Alexis, président du groupe de Nancy, a d’abord présenté la position du GENEPI sur la rétention de sûreté, puis a laissé la parole à Mme Fabienne NICOLAS, vice-présidente chargée de l’instruction au tribunal de grande instance d’Epinal, et membre du syndicat de la magistrature, M. Bruno PY, professeur de droit pénal à l’Université Nancy 2, et M. Alain SCHANG, psychiatre, et membre du syndicat des psychiatres des hôpitaux.

            Le public, composé d’environ 120 personnes, majoritairement des étudiants mais aussi des avocats, a ensuite pu poser des questions aux différents intervenants.

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La loi relative à la rétention de sûreté et à la déclaration d’irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental a finalement été adoptée le 25 février 2008.

 

            En voici un extrait :

 

Article 706-53-13 du code de procédure pénale

A titre exceptionnel, les personnes dont il est établi, à l'issue d'un réexamen de leur situation intervenant à la fin de l'exécution de leur peine, qu'elles présentent une particulière dangerosité caractérisée par une probabilité très élevée de récidive parce qu'elles souffrent d'un trouble grave de la personnalité, peuvent faire l'objet à l'issue de cette peine d'une rétention de sûreté selon les modalités prévues par le présent chapitre, à la condition qu'elles aient été condamnées à une peine de réclusion criminelle d'une durée égale ou supérieure à quinze ans pour les crimes, commis sur une victime mineure, d'assassinat ou de meurtre, de torture ou actes de barbarie, de viol, d'enlèvement ou de séquestration.

Il en est de même pour les crimes, commis sur une victime majeure, d'assassinat ou de meurtre aggravé, de torture ou actes de barbarie aggravés, de viol aggravé, d'enlèvement ou de séquestration aggravé, prévus par les articles 221-2, 221-3, 221-4, 222-2, 222-3, 222-4, 222-5, 222-6, 222-24, 222-25, 222-26, 224-2, 224-3 et 224-5-2 du code pénal.

La rétention de sûreté ne peut toutefois être prononcée que si la cour d'assises a expressément prévu dans sa décision de condamnation que la personne pourra faire l'objet à la fin de sa peine d'un réexamen de sa situation en vue d'une éventuelle rétention de sûreté.

La rétention de sûreté consiste dans le placement de la personne intéressée en centre socio-médico-judiciaire de sûreté dans lequel lui est proposée, de façon permanente, une prise en charge médicale, sociale et psychologique destinée à permettre la fin de cette mesure.

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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 21:40


          Comme chaque année, les génépistes de toute la France se sont rendus à l’école polytechnique de Palaiseau pour assister à la Journée prison justice. Chirine Heydari, présidente du GENEPI a accueilli les bénévoles, puis a laissé la parole à nôtre hôte, l’amiral Alquier, directeur du cabinet de l’école polytechnique. Se sont ensuite succédés à la tribune, M. Lionel Stoléru, ancien ministre et fondateur du GENEPI, M. Jean-François Beynel, directeur adjoint de l’administration pénitentiaire, et Mme Mireille Gauzëre, directrice adjointe de la protection judiciaire de la jeunesse.

 

Les génépistes ont, ensuite, eu la possibilité de rencontrer différents acteurs du monde pénitentiaire lors de trois ateliers successifs :

 

Administration pénitentiaire

 

M. Malle, capitaine, adjoint de détention à la maison centrale de Poissy.

Mme Brunet-Ludet, magistrat à l’administration pénitentiaire.

Ces deux intervenants se sont intéressés à la question de l’expression des personnes incarcérées.

 

Protection Judiciaire de la Jeunesse

 

M. Deboeuf, éducateur PJJ à l’EPM de Porcheville.

M. Phaure, chargé de mission à l’Ecole nationale de la protection judiciaire de la jeunesse, sur le métier d’éducateur auprès des enfants incarcérés.

 

Justice

 

Mme Lebrun, juge de l’application des peines, vice-présidente du tribunal de grande instance de Laval, présidente de l’ANJAP.

M. Portelli, magistrat, vice-président du tribunal de grande instance de Paris.

 

Enseignement en détention

 

Mme Sergent, responsable local de l’enseignement à la maison d’arrêt de Fleury Mérogis.

 

Travail et formation professionnelle en détention

 

M. Filière, responsable de la formation professionnelle à la maison d’arrêt du Val d’Oise pour l’entreprise GEPSA.

 

Santé

 

M. Archer, psychiatre, ancien chef de service au SMPR de Loos.

Mme De Beaurepaire, psychiatre, ancienne chef de service au SMPR de Fresnes, auteur du livre Non lieu. Un psychiatre en prison, membre de l’association médico-légale pour la réinsertion.

M. Coq, psychologue clinicien, à la cellule d’urgence médico-psychologique du SAMU de Paris.

M. Suard, psychologue, thérapeute familial : l’inceste, répression et traitement.

Mme Krainski et Mme Mellier, infirmières à la maison d’arrêt de Bois d’Arcy, à la maison d’arrêt pour femmes de Versailles, et au centre de rétention administrative de Versailles.

 

Culture

 

M. Châtelet, M. Rossignol et M. Verdel, membres de l’association pour la formation et l’aide à la communication (AFAC), en charge de l’activité « Trait d’union », un service d’écrivain public de la maison d’arrêt de Seysses.

M. Pauly, conteur, anciennement incarcéré.

Mme Royer, chargé de mission culture/justice aux centres d’entrainement aux méthodes d’éducation active (CEMEA).

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Culte

 

Mme El Alaoui, aumônière musulmane.

M. Deymie, aumônier national protestant.

 

Associations

 

M. De Suremain, juriste à la section française de l’Observatoire international des prisons.

M. Deriot, membre de l’association Ban public, anciennement incarcéré.

M. Mouesca, chargé de mission prison à Emmaüs, ancien président de l’Observatoire international des prisons, anciennement incarcéré.

 

Chercheurs

 

M. Combessie, sociologue de la prison, auteur de Prisons des villes et des campagnes, Etudes d’écologie sociale.

M. Tournier, démographe pénal, directeur de recherche au CNRS, fondateur de l’association « Dès maintenant en Europe ».

 

Architecture

 

M. Demonchy, architecte de prisons, notamment du centre de détention de Mauzac.

M. Lecompte, architecte, auteur de l’ouvrage à paraître (Dé)tourner la prison.

 

Europe : une perspective comparatiste

 

M. Hübner, directeur de l’établissement pénitentiaire de la Tuilière, à Lonay en Suisse.

 

Un œil en détention…

 

Mme Castel, auteur de Retour d’exil d’une femme recherchée, et Mme Patient, journaliste. Créatrices du spectacle « Femmes de parloir » et à l’origine de l’association « La parole est à l’accusé ».

M. Bellazaar et M. Dawson, réalisateurs et producteurs des « images volées de Fleury », production I-Screen.

 
 

            Le thème de la plénière de clôture fût « Le contrôle extérieur des lieux de privation de liberté », en présence de M. Jean-Marie Delarue, contrôleur général des lieux de privation de liberté.

 

            A la fin de la journée de formation, les génépistes ont été plongés dans l’univers des conteurs Praline Gay-Para et Pépito Matéo, qui après le spectacle, ont partagé leurs expériences de collectage de récits auprès de personnes détenus et de sortants de prison.

 

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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 21:13

 

            Le groupe local de Nancy (une vingtaine de personnes) lève le camp à 6h15.

 

            Plénière d'ouverture

 

            La directrice de l'établissement pénitentiaire de Besançon a débuté les festivités en présentant à tous les génépistes présents l'organigramme du ministère de la justice dont dépendent les 194 établissements pénitentiaires français. Comme à l'accoutumée, l'accent a été mis sur la diversité des établissements pénitentiaires (création des nouveaux « quartiers courtes peines ») et sur l'importance du milieu ouvert. D'importants échanges entre les génépistes et les intervenants ont porté sur la jeunesse incarcérée et la privatisation des missions de l'administration pénitentiaire.

 

            C'est ensuite une représentante du SPIP qui a pris la parole.

 

            Enfin, le responsable d'une unité locale d'enseignement a présenté à l'assemblée son travail et les responsabilités afférentes. La question des diplômes proposés en détention a suscité de nombreuses questions et remarques (quelle pertinence des diplômes proposés en détention ? Quelle diversité ?)

 

            Il a été relevé que la présence d'un modérateur aurait peut-être permis de mieux encadrer les houleux débats qui ont décalé tout le programme.

 

            Parcours Anciens : Atelier Réseau Associatif

 

            Adélaïde (du BN) a mené l'atelier. Elle était accompagnée de deux membres du réseau Animafac, Clémence et Jérôme. Ils nous ont présenté le Réseau Animafac et organisé un debriefing des ISP.


            Ont été également présentés le Collectif Prison et les GLCP (Groupement local de Concertation Prison).  Il existerait un GLCP à Nancy mais personne ne semble au courant au sein du groupe local.

 

            Parcours anciens : Atelier Entreprisons

 

            Un historique de ce projet qui traîne dans les cartons depuis une quinzaine d'années déjà nous est d'abord rappelé. La région Nord s'est récemment réappropriée le projet qu'elle a tenté de faire progresser. Ce projet pose nombreuses questions : quelles interdictions d'exercer dans la fonction publique après une condamnation ? Faut-il organiser des ISP en direction des entreprises ? Questions aussi quant au positionnement du GENEPI (valeur et réalité du travail en détention, répartition des compétences entre secteur privé, SPIP et GENEPI). Des exemples concrets de réinsertions réussies sont évoqués.

 

            Parcours nouveaux : Ateliers Sécurité, Projet pédagogique et ISP

 

            Les novices ont pu réviser les règles de sécurité dans un premier atelier qui les ont, selon leurs mots, « bien rôdés ».

            Un atelier intervention leur a ensuite permis de réfléchir à la mise en place de leur activité.

            L'atelier ISP, animé par des anciens, fut l'occasion de présenter l'organisation et la diversité des ISP.

 

            Plénière de Coordination régionale

 

            La politique régionale de l'Est nous est distribuée. Elle regroupe 7 points : pérennisation et diversification des financements, recrutement, communication, formations, ISP, archives et ville-vie-vacances.

 

            Réveil difficile pour ne pas dire douloureux après une soirée bien sympathique à RadioBip et départ pour le Séminaire qui accueillera la seconde journée de formation et de réflexion.

 

            Plénière Droits de l'Homme

 

            Notre vaillant DR s'est attelé à une lourde mais incontournable tâche : parler aux génépistes des droits de l'Homme dont nous sommes censés veiller au respect en détention et éventuellement nous porter témoin de leur violation. Avec simplicité mais précision juridique, il a donc exposé la différence entre liberté et droit et présenté les principaux textes internes et internationaux traitant des droits de  l'homme. Certains juristes se sont montrés un peu frustrés d'un aperçu si synthétique et large des droits de l'homme tout en reconnaissant que le contenu était adapté à des non-juristes. Pour répondre à cette envie d'aller plus loin et profiter des compétences de chacun, pourquoi ne pas associer les juristes-spécialistes à de futurs ateliers dédiés aux droits de l'Homme ?

 

            La plénière a été clôturée par l'élection d'un administrateur suppléant pour la région Est. C'est Anaïs du groupe local Nancy qui a été portée aux nues par une majorité écrasante de l'assemblée.

 

            Réunion du groupe local :

 

            Camille, présidente du groupe de Nancy, a fait le point sur les différentes interventions qui se dessinent cette année. Elle a également interrogé les nouvelles recrues sur leur ressenti des ateliers.

 

            Plénière de clôture :

 

            Kévin, le seul l'unique, a évoqué de multiples points :

-         Participer plus activement à l'élaboration de la revue Passe-Murailles et au blog de l'Est.

-         Rappel sur la Politique de l'Est et l'importance d'un bilan exhaustif de l'activité de la région Grand Est.

-         Constitution d'un fonds d'archives exploitable dans la région

-         Présentation de la politique nationale + Calendrier des temps forts à venir

-         Projet ISPthèque

-         Possibilité d'intervenir en détention sur son lieu de vacances

-         Remise au goût du jour au niveau national du projet Entreprison

-         Débat sur la castration chimique

 

            Ce week-end a aussi été très apprécié car il a permis aux uns et aux autres de mieux se connaître, que ce soit au sein des groupes locaux ou entre les différents groupes de la région.

 

            Le GENEPI commence à écoresponsabiliser ses événements ; aujourd'hui le gobelet en plastique réutilisable, demain les toilettes sèches et la télétransportation !

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Published by Mathilde L., Isabelle, Julie et Mathilde M. - dans Formation des génépistes
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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 10:55

 

            Les samedi 18 et dimanche 19 avril 2009, plus de 800 bénévoles du GENEPI se sont réunis à Strasbourg à l'occasion des Assises de l'association. Au cours de ce week-end national de réflexion, les bénévoles ont dû choisir entre 6 thèmes sur lesquels ils ont débattu en vue de faire émerger une première ébauche de proposition de prise de position du GENEPI. Ces propositions ont été présentées, et certaines adoptées, lors de l'Assemblée Générale du GENEPI en juin 2009.

 

Les thèmes proposés portaient sur :  

           

- Le corps en détention

 

            - L'abolitionnisme

 

            - La gestion mixte de certaine fonction de l'administration pénitentiaire

 

            - La mixité en détention

 

            - Le militantisme au GENEPI

Il s'agissait de s'interroger sur la portée de l'engagement du GENEPI quant aux actions qu'il mène pour la réinsertion des personnes incarcérées, notamment sur sa prise de position dans le débat public et son action citoyenne.

 

            - L'action auprès des mineurs en milieu ouvert et fermé

Débat récurrent au sein du GENEPI, il s'agissait de parvenir à un accord clair sur l'intervention ou non du GENEPI au sein des différents foyers de la PJJ (Protection Judiciaire de la Jeunesse). Ceci supposait un questionnement sur la légitimité de la présence du GENEPI dans ces foyers et sur la cohérence des actions de l'association quant à son objet social.

 

Au cours de cet événement, les bénévoles ont également effectué plusieurs ISP parmi lesquelles :

            - Freeze géant sur une des places de Strasbourg

            - Rencontre du public dans la rue au moyen de questions portant sur la prison et la justice

            - Concert au K'vo

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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 10:14

 

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Published by GENEPI Nancy - dans Autres
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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 09:48


           Le tout nouveau centre pénitentiaire remplaçant la croulante maison d'arrêt Charles III a ouvert ces portes aux détenus à la fin du printemps. Les Génépistes se devaient de lui rendre une visite de courtoisie avant d'y entreprendre leurs interventions. Il a fallu du courage et du temps pour y pénétrer (et en sortir) mais c'est chose faite !

 

            Piétinant depuis 8H30 dans un froid dont on avait oublié jusqu'au nom tant l'automne a été clément, notre petit groupe de 17 génépistes s'apprêtait à découvrir les couloirs et le fonctionnement de la nouvelle « super-prison » nancéienne. Perchée sur les hauteurs du Haut-du-Lièvre, l'ensemble de bâtiments s'avèrent plutôt discret au regard de sa taille. Il faut dire que son aspect béton brut doit être pour quelque chose dans ce camouflage hiverno-matinal givrant.

 

            C'est cinq par cinq que nous pénétrons dans l'enceinte à l'aide de nos cartes d'identité. Cela ne prendra pas moins de 15 minutes entre vérifications, détecteurs de métaux, remplissage des casiers (aucun objet ne pénètre en détention sans autorisation et surtout pas un portable, même éteint), etc. Doté d'un guide en bonne et due forme, nous commençons nos pérégrinations par les locaux administratifs où sont regroupés de nombreux services dont le greffe, le SPIP ou la salle des profs. Une bonne ambiance semble régner parmi le personnel même si l'échelle humaine de Charles III est bien dépassée. Ici la vie égaye déjà les murs, parés d'affiches et de peinture ou encore des notes de l'association du personnel qui vend des écussons floqués pour l'uniforme.

            C'est bien moins le cas dans les autres bâtiments tristes et uniformes à mourir. Seuls les points de contrôle où se situent les surveillants sont identifiables par des murs d'un rouge cinglant. Les femmes ont tenté l'ajout de quelques bouquets ou plantes vertes pour adoucir leur quartier. Mais cela ne suffit pas à ôter l'impression de vide et de dépouillement frôlant la misère. Dans les ateliers, les apprentis peintres ont débuté le revêtement des cloisons, ouf ! C'est mieux, ça ressemble à des couloirs d'hôpital aseptisés plutôt qu'à un chantier abandonné. Nous y rencontrons un professeur en nettoyage industriel - nouvelle formation (mais non-certifiante) - qui nous explique essuyer un peu les plâtres mais que le niveau de ses élèves est très bon par rapport à l'extérieur.

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            Le jargon de l'administration pénitentiaire s'enrichit de nouveaux acronymes ! MAF, MAC et MAP en sus des habituels CD, QD et JAP. En effet, à un centre de détention hébergeant les condamnés à de longues peines s'adjoignent trois quartiers supplémentaires : la maison d'arrêt pour femmes (MAF), une maison d'arrêt pour prévenus (MAP) et une pour condamnés à de courtes peines (MAC).  L'hermétisme n'est jamais parfait entre les différents quartiers et on ajoute déjà à la hâte des cloisons opaques sur les grillages de peur que les détenus ne communiquent.

            Salle pour le culte, gymnase, salle de musculation, bibliothèque, terrain de foot, salle informatique (pas pour surfer, pour apprendre), on dirait presque un internat de lycée ; à cela prêt que ses habitants sont confinés dans leur chambre la majorité de la journée. L'univers carcéral froid et inquisiteur ne se fait pas oublier pour autant : les caméras sont omniprésentes de même que les barbelés et autres portes verrouillées. L'impression de labyrinthe se fait bien plus prégnante qu'à Charles III où malgré les recoins et niveaux, on se sentait dans une vieille maison branlante mais attachante.

 

            On ne pourrait clore cette visite sans évoquer les trois unités de vie familiales destinées aux condamnés sans aménagement de peines dans le but du maintien des liens familiaux. Il faut en effet signaler que certaines familles vivent très loin de la prison et venir pour un parloir d'une heure trente semble dérisoire (surtout si l'on y ajoute les coûts de transport d'une mère avec ses enfants qui n'a pas déjà pas beaucoup de moyens...). Ils incarnent le retour d'un peu d’humanité et de respect de la famille dans une prison qui nie souvent qu'il y a des proches : attribués pour des plages de 6 à 72h, ces appartements (la vue panoramique en moins) sont censés être accessibles aux détenus éligibles une fois par trimestre.  Une fois rassemblés, le détenu et sa famille sont libres de leurs faits et gestes et sans caméras les épiant. Les visiteurs ne peuvent apporter de vivres et c'est au visité de pourvoir aux besoins familiaux via la cantine (= achat de produits en détention). Ce qui peut représenter une somme importante par rapport aux moyens des détenus en détention. Toutefois, ayant jeté un œil sur le catalogue de la cantine, les prix ne nous ont pas paru scandaleusement élevés. La gestion privée aurait-elle du bon[1] ? On peut toujours en douter quand on voit que ce sont les cigarettes que l'on peut avoir au prix normal et non les produits de première nécessité.... Mais les Génépistes vont se prêter à nouveau[2] au petit jeu de la comparaison et nous en dirons sans doute davantage sous peu !

 

            Merci à l'administration pénitentiaire de nous avoir reçu et au responsable de l'enseignement d'avoir organisé cette visite.


[1]    La cantine est gérée par une entreprise privée de même que l'accueil des familles en amont des parloirs.

[2]    Un Génépiste avait déjà produit une étude très complète au sujet de la cantine et des différences de prix parfois injustifiées entre l'intérieur et l'extérieur. Elle ne demande qu'à être mise à jour !

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Published by Mathilde - dans Autres
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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 20:58

La prison... en candidat libre

 

Étudiants de Nancy-Université, ils sont une trentaine à multiplier les courts séjours en prison. Leur mission : accompagner les détenus au quotidien et informer le grand public sur les conditions de détention.

 

La prison ? Ils y vont en habitués. Sans peine à subir. Ni proche à visiter. Mais avec un mobile, des préjugés à vaincre et une histoire à partager. Membres de l'association GENEPI, ces étudiants-là ont choisi de faire le mur pour apporter leur concours à tous ceux qui cumulent casier judiciaire et lacunes scolaires. Français, langues vivantes, philosophie ou histoire-géo... Les matières sont variées et l'ouverture parfois très culturelle : les génépistes animent en effet des ateliers théâtre ou musicaux ; ils organisent des débats, montent des expositions ou programment des séances de cinéma... « Notre rôle est complémentaire des enseignants de l'Education nationale », explique Kevin Van Landeghem, étudiant en Master 2 Droit et Gouvernance territoriale qui vient d'être nommé président du groupe de Nancy. « Dans le rapport que nous entretenons avec les détenus, il n'y a pas d'exigence, pas d'évaluation. Il n'y a même aucun jugement. Nous sommes là pour eux, sans être payés pour cela. Cette démarche les surprend souvent et les touche. »

 

Faire bouger le cadre carcéral

 

Une relation tout simplement humaine : c'est ce que ces étudiants viennent offrir aux détenus. Pour cela, ils se déplacent sans compter à la maison d'arrêt de Charles III ou de Bar-le-Duc, au centre de semi-liberté de Maxéville et dans les centres de détention d'Ecrouves et de Saint-Mihiel. « Au fond, ces gens enfermés nous ressemblent, explique Vanessa Schatz, ancienne responsable de groupe. Ce qui change, c'est le lieu. L'exiguïté, l'absence totale d'intimité, le délabrement, le manque de lumière... »

Au-delà de ces immersions régulières dans la réalité carcérale, les génépistes s'emploient à prolonger leur mission à l'air libre, où il s'agit, cette fois, de sensibiliser le public aux conditions de détention.

Pièce de théâtre engagée, veillée aux flambeaux sur la place Stanislas à l'occasion de la "Nuit des libertés publiques", visites guidées des prisons à l'intention des parlementaires, interventions en milieu scolaire... l'association GENEPI fait entendre la voix des prisonniers en dehors de leurs cellules. « Notre engagement n'aurait aucun sens s'il restait confiné en prison. Pour faciliter la réinsertion des détenus, il faut nécessairement faire en sorte qu'ils soient acceptés à l'extérieur. » Un message qui porte. Reconnu pour l’utilité et le sérieux de ses actions, GENEPI est aujourd’hui consulté par l’État dans le cadre de l’élaboration d’une loi pénitentiaire qui vise à garantir les droits fondamentaux des détenus, améliorer la reconnaissance des personnels pénitentiaires, faciliter la réinsertion des détenus…

 

Une cellule sur le campus

 

Les membres de l'association GENEPI organisent chaque année des opérations de sensibilisation. La dernière s'est tenue en octobre sur le campus de la Fac de lettres où était exposée une cellule reconstituée à taille réelle : un espace de 9m2 en tout et pour tout, dans lequel les détenus doivent souvent cohabiter à deux ou trois. « La surpopulation dans les maisons d'arrêt est intolérable, estime Kevin Van Landeghem. Priver quelqu'un de sa liberté ne signifie pas le priver de toute dignité. C'est sur cette idée que nous voulons attirer l'attention du public. »

 

Devenir génépiste

 

Pour faire partie de l’association, il faut être étudiant et posséder un casier judiciaire vierge. Tous les candidats sont reçus en entretien par les membres du bureau. Une fois membres, ils bénéficient de formations qui sont organisées par l'association au rythme de 5 week-ends par an. De quoi se familiariser avec les problèmes de surpopulation, la situation des étrangers en prison, le fonctionnement de la cantine...

 

 

*GENEPI : Groupement étudiant national d'enseignement aux personnes incarcérées. Cette association nationale a été fondée en 1976 et compte 1 300 étudiants bénévoles en France. L'antenne du Grand Est est subventionnée principalement par Nancy-Université, le CROUS, la ville de Nancy et le Conseil général.

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23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 18:11

En construction.
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23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 18:06


Reportage à la maison d'arrêt de Bar-le-Duc:   Voir le reportage

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Présentation

  • : Genepi Nancy
  • Genepi Nancy
  • : Pour le décloisonnement de tous les lieux d'enfermement
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