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27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 15:37


           
L’entrée en détention est évidemment une rupture avec la vie précédente… mais le choc pour l’arrivant est plus complexe qu’un simple enfermement entre 4 murs.

 

Le détenu est souvent isolé, il l’est d’ailleurs dès son entrée en détention qui débute obligatoirement par une période d’isolement. La séparation avec sa famille est source d’angoisse, d’autant plus pour les détenus étrangers pour lesquels l’éloignement géographique de la famille laissée sur un autre continent, la méconnaissance de la langue française, l’indigence, contribuent à augmenter l’isolement et les cas de dépression de ces personnes.

On assiste à une perte d’autonomie de la personne qui va souffrir de dépendances pathologiques multiples et s’accrocher aux relations familiales quand cela se peut, à diverses aides ou aux services de l’institution, sans jamais ressentir un sentiment de satisfaction.

La frustration est le sentiment qui prévaut. La désocialisation s’installe au bout de plusieurs mois ou années de prison, tout simplement parce que l’homme est fondamentalement un être relationnel et que tout enfermement et isolement lui sont néfastes.

Paradoxalement cet isolement est accompagné par la promiscuité, sphères publique et privée se confondent en prison. La question de l'espace est d'autant plus importante que les détenus évoquent l'omniprésence du regard de l'autre porté sur eux : « La prison, c'est pas les murs, c'est les autres. ». Si l’être humain a besoin de relations avec les autres, celles-ci doivent néanmoins pouvoir se développer dans le respect de l’espace personnel de chacun pour être adaptées et satisfaisantes. La situation pénitentiaire française actuelle, du fait de l’état de certains établissements et de la surpopulation carcérale, ne permet pas de tenir compte de ces besoins humains.

 47---13-Solitude.jpg

 

La plus grande des difficultés de la personne incarcérée sera la gestion du temps. Dormir, regarder la télévision, lire, entreprendre des études universitaires, s’adonner à une activité artistique, écrire, « gamberger »… Échapper à la pensée qui s’emballe, aux souvenirs douloureux, aux regrets et à l’absence…
           La notion du temps pour le détenu n’est plus la même. La douche, les promenades, les parloirs, les repas rythment les journées. Ce sont surtout les soirées qui n’en finissent pas. Le décalage, notamment dans les heures de repas, participe à cette perturbation. Il faut se construire de nouveaux repères car les jours s’étirent en longueur, trouver d’autres alternatives pour remplir ce temps qui semble bien vide et encombrant, source d’angoisse et d’agressivité.

 

Sans oublier qu’un nombre croissant de personnes détenues présentent des troubles mentaux, ce qui inquiète et a fait l’objet d’études et de recherche. La pathologie mentale est un obstacle supplémentaire à la préparation à la sortie. Quand bien même l’entrée en détention est suivie dans la journée d’un examen médical et psychiatrique, la prison est intrinsèquement un lieu de contrainte où la souffrance psychique augmente et où les réponses apportées par l’institution aux personnes en crise sont inadaptées. Le service médico-psychologique régional (SMPR) manque de personnel.


Des images de 1976, sur le choc de l'incarcération: Ina.fr

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Published by Pascal - dans Autres
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