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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 18:42

 

L'évènement est passé plus qu'inaperçu, dans le tourbillon des informations journalières. Il faut dire que l'actualité du moment est bien troublée, entre crise financière, émergence de nouvelles démocraties, mais bien sûr et surtout (malheureuse hiérarchie médiatique) pré campagne présidentielle qui, comme à chaque fois, offre l'occasion à notre classe politique de remettre sur l'ouvrage la question de la récidive des crimes les plus graves. Il est donc à nouveau proposé de renforcer l'arsenal législatif pénal, enfermer et contrôler plus, sans se soucier tellement du rôle de la prison, la manière dont elle doit servir à construire des individus autonomes, respectueux de la règle et de la collectivité.

Et pendant que l'on discute de la manière d'enfermer plus, la vie, et pour certains même la survie continue, bien à l'ombre, pour les quelques 60 000 personnes incarcérées au sein des établissements pénitentiaires français.

Longue introduction pour mettre le doigt sur l'hommage aux morts de la prison qui s'est tenu aujourd'hui sur le parvis des droits de l'homme (Trocadéro) à Paris.

 

Ont donc été énumérées les 110 personnes incarcérées qui ont mis fin à leurs jours en 2010 dans les prisons françaises, dont on ne connait pas toujours le nom ni l'histoire, tant les informations sont difficiles à rassembler. 

 

Il est utile de rappeler, parmi nombre d'autres constats effrayants, que la France est toujours le pays qui affiche le plus fort taux de suicide en prison de l'Europe des 15.

Le taux de suicide de la population détenue est 4 à 7 fois plus fort qu'à l'extérieur.

 

Un certain nombre d'actions sont mises en place pour éviter ces actes souvent très circonstanciés (ils sont en particulier concentrés sur les premiers jours de détention, le placement en quartier disciplinaire, la période précédent le jugement ...), mais qui ne peuvent dispenser les pouvoirs publics d'une réelle réflexion sur les conditions d'incarcération, la surpopulation carcérale, mais aussi le suivi des personnes dont la vie est sous responsabilité de l'Etat.

 

Il ne s'agit pas de dénier à l'individu le choix de vivre ou de ne pas vivre (ainsi les mesures destinées à empêcher la commission de l'acte, draps en papier et retrait des télévisions suspendues s'apparentent à des dispositions d'urgence), mais d'arrêter de créer de toute pièce l'environnement qui conduira l'individu à renoncer à son avenir.

 

Le Groupe Genepi de Nancy est particulièrement attaché à cette question et tient, lui aussi à sa façon, à rendre hommage aux morts de la prison.

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