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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 15:00

http://vimeo.com/60335006 : le lien vers la bande-annonce du film que je vais présenter à l'instant.

 

Pour cet article, je dois remercier le GENEPI Toulouse, qui ouvre évidemment d'énormes portes devant nous, avec la réalisation du documentaire Sur les toits - Hiver 1972 - Les mutins de Nancy, par le jeune réalisateur Nicolas Drolc, qui promet énormément.

 

Je vous mets le texte de ce site, Grabuge, par ailleurs très bien fait :

 

Sur les Toits. Hiver 1972 : mutineries dans les prisons francaises.

 

Film Documentaire (90 min)
 

 

« Sur les Toits. Hiver 1972 : mutineries dans les prisons françaises »

Le 15 janvier 1972, une mutinerie éclate à la prison Charles III de Nancy (54). Philippe Artières (CNRS) dans un article intitulé : La prison en procès.

Les mutins de Nancy (1972) raconte l’événement : « Au cours du petit déjeuner dans le réfectoire commun, des détenus se plaignirent de la mauvaise qualité du café, la discussion s’envenima et très vite l’émeute se déclencha et se généralisa : en moins d’une heure, les trois cents détenus qui composaient la population de la maison d’arrêt se mutinèrent. Les détenus en cellule libérés par ceux des dortoirs prirent le contrôle de l’ensemble des bâtiments, bureaux administratifs compris. Là, un tract fut imprimé sur la ronéotypeuse [duplicateur à alcool] de l’établissement. Ce tract qui annonçait les principales revendications des détenus fut remis à l’administration qui, dans un premier temps, avait voulu reprendre le contrôle par la force puis, devant l’ampleur du mouvement, y avait renoncé.

Mais ces revendications des détenus ne furent pas entendues ; les négociations à peines ouvertes furent bloquées et, assez vite, il fut décidé de faire intervenir les gardes mobiles. Les détenus occupèrent alors les toits de la prison jusqu’en toute fin d’après midi, moment que le préfet choisit pour faire intervenir les forces de l’ordre épaulées par un hélicoptère. Le soir du 15 janvier, l’ordre régnait à Charles III ».

L’auteur apporte également des précisions sur le comportement des détenus dont la moyenne d’âge est plutôt jeune. Selon lui, il n’y a eu aucune violence envers le personnel de la prison. Il régnait même « une certaine gaité » parmi les détenus. « Certains détenus avaient attaqué la cantine et distribué la totalité des réserves ainsi que le stock de bières […] d’autres avaient descellé les rares lavabos, tandis que la toiture avait été largement endommagée par les prisonniers qui l’occupaient, les mutins s’étant servis des tuiles pour repousser les assauts des forces de l’ordre ». La mutinerie est assez sévèrement réprimée : alors que certains détenus sont transférés dans d’autres établissements, six, accusés d’avoir mené la révolte sont condamnés le 8 juin 1972 devant le tribunal correctionnel de Nancy à des peines allant de cinq à huit mois, pour l’exemple.

Le but de la révolte n’était pas de mettre à sac la prison mais de formuler un certain nombre de revendications. Ainsi, ils demandaient une justice plus équitable à l’intérieur des prisons de la part des surveillants et de l’encadrement, une justice honorable ainsi que la suppression de la tutelle pénale et de l’interdiction de séjour.

Les détenus réclamaient aussi la fin des violences physiques des surveillants dont ils avaient été l’objet à la suite de légères infractions. Leurs autres revendications portaient sur la qualité de leur alimentation et le manque d’hygiène et de chauffage dans les dortoirs.

La mutinerie de Nancy intervenait un mois exactement après celle de la centrale Ney de Toul et au lendemain de la publication du rapport d’une commission d’enquête présidée par l’avocat général Schlmek qui cherchait à en établir les responsabilités. Au cours de l’automne 1971 et au début de l’année suivante, il y en a eu d’autres encore dans des établissements de l’est du pays, ainsi qu’à Lyon, Toulouse et Nîmes, une trentaine en tout. Il s’agissait d’un mouvement d’ampleur nationale ; les revendications portaient sur : « les conditions de détention » et l’ « exercice de la justice ».

Nicolas Drolc est l’auteur d’un documentaire qui s’intitule Sur les Toits. Hiver 1972 : mutineries dans les prisons françaises où il retrace ces événements à l’aide de plusieurs témoignages d’anciens détenus, d’anciens membres du Groupe d’Information sur les prisons (GIP) et nombreux documents d’archives.

Ce film dépoussière cette page noire qui fut littéralement gommée de l'Histoire officielle des luttes sociales de la fin des années 60. C'est pourtant dans ce contexte que les prisonniers, à l'instar d'autres communautés marginales, ont défendu eux aussi leurs droits, leur dignité et leur honneur. L'histoire est racontée 40 ans plus tard, par ces anciens détenus de Nancy qui sont montés sur les toits de leur prison Charles III le 15 janvier 1972, pour enfin pouvoir se faire entendre.
 
Avec dans le documentaire : Les mutins de la prison de Nancy, un surveillant de la prison de Toul,  Maître Henri Leclerc, Daniel Defert, Serge Livrozet, Michel Foucault, Charlie Bauer.

La première du film aura lieu au cinéma Caméo à Nancy le vendredi 7 juin 2013.

 
Bande-annonce du documentaire : http://www.lesmutins.org/Sur-les-toits-Hiver-1972.html

 

 

 

Du coup, j'ai recherché un peu plus sur internet, et j'ai retrouvé ces articles de l'année dernière sur l'Est Républicain, que je vous mets en lien de suite :

 

- Que sont devenus les mutins ?

- Films amateurs bienvenus

- Simone Signoret au secours de Toul

 

Pour rester dans la thématique "détruire les prisons", voici un petit reportage fait à l'automne 2010, quand Charles III était encore (presque) debout. Et un article sur le transfert de Nancy-centre-Charles III au Haut-du-Lièvre-Centre Pénitentiaire de Maxéville.

 

 

 

Les mutins lançaient non pas des pavés mais des tuiles. Photo Gérard DROLC

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