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24 septembre 2014 3 24 /09 /septembre /2014 11:15
Meet the Genepi !

Réunions d'information et de présentation de l'association aujourd'hui à 18 heures au Foyer des Étudiants du Campus Carnot (Eco-Droit), et demain, à 18 heures, à la Maison de l’Étudiant dans le Campus Lettres et Sciences Humaines !

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24 avril 2014 4 24 /04 /avril /2014 10:30
Concer'Taule - 29 avril à 20h30 - MJC Lillebonne
Concer'Taule - 29 avril à 20h30 - MJC Lillebonne

Le Genepi Nancy organise un concert miroir "De l'ombre à la lumière" le MARDI 29 AVRIL :

Trois groupes joueront :
- une première fois au Centre pénitentiaire de Nancy-Maxéville,
- puis se produiront à nouveau, à la MJC LILLEBONNE. Une exposition d’œuvres et de photographies accompagnera l’événement.

Du très lourd au programme à partir de 20h30 :

- Stratégie de Paix : (Rap)
http://www.strategiedepaix.fr/

- Live in Corridor : (Pop Rock)
https://myspace.com/liveincorridor/music/songs

- Momystik : (Rap/Reggae)
http://momystik.bandcamp.com/track/ya-pas-dth-me


PRIX LIBRE ! Venez nombreux !

Contacts :

- Facebook : Genepi Nancy ;
- Mail : genepi_54@hotmail.fr ;
- M.J.C Lillebonne-Saint-Epvre (14, rue du Cheval Blanc, 54000 Nancy)
- Tél : Flo - 06.83.58.71.57

Le Genepi est une association nationale étudiante militant pour le décloisonnement des prisons. Chaque semaine, des ateliers artistiques et culturels sont organisés par les bénévoles de l'association au centre pénitentiaire de Nancy-Maxéville. Ces actions sont accompagnées par un important travail de réflexion sur l'univers carcéral et les thématiques de l'enfermement. Le Genepi intervient également à l'extérieur des murs, à travers l'organisation régulière d'évènements d'Information et de Sensibilisation du Public.

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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 15:00

 

"Plaçons les personnes âgées dans les prisons et les criminels dans les foyers pour personnes âgées.

 

De cette façon:

1)

Nos vieillards auraient accès à une douche tous les jours, à des loisirs, à des marches, à leurs médicaments, à des examens dentaires et médicaux réguliers.

 

==> A des douches : non, les personnes incarcérées en France ne peuvent, pour la plupart, pas prendre de douches tous les jours. Bien souvent, encore, elles sont collectives, comme à Marseille. Témoignage de Bruno des Baumettes. Pour ce qui est de la fréquence des douches :

Article D.358 du code de procédure pénale

 " Les détenus prennent une douche à leur arrivée à l’établissement. Dans toute la mesure du possible, ils doivent pouvoir se doucher au moins trois fois par semaine ainsi qu’après les séances de sport et au retour du travail".

Il est bien précisé : "dans la mesure du possible".

Témoignage de Dominique Wiel : "J'ai été enfermé à Fleury-Mérogis entre 2003 et 2004. Je ne connais de cette prison qu'un seul couloir : celui du département "5" où j'ai vécu à l'isolement pendant deux ans. Durant mon incarcération, les douches n'ont été nettoyées qu'une seule fois, à l'occasion d'une fouille extraordinaire. Il fallait acheter des "claquettes" pour ne pas attraper des champignons".

 

==> A des loisirs : quand la plupart des détenus passent près de 22 heures sur 24 dans leur cellule, il est difficile d'envisager des temps de loisir réellement pertinents pour le développement personnel ... Les loisirs proposés sont essentiellement du sport (une ou deux fois par semaine, selon les établissements - difficilement transposable pour des personnes âgées, quoi qu'on en dise ...), et des activités culturelles ou artistiques, mais bien trop rares. Même s'il y a des différences sensibles entre les établissements d'accueil de personnes âgées, il y a bien souvent des animations qui sont menées par les personnels, des sorties ou des évènements collectifs. Cela étant, cette phrase lapidaire ne doit pas masquer le manque de moyens et de possibilités que connaissent les animateurs en maison de retraite. 

 

==> A des marches : Une ou deux heures de "promenade" proposées par jour (article de Ban Public à ce propos), dans des contextes souvent violents, avec des fouilles menées avant et après les promenades, dans des endroits pas vraiment bucoliques, ou carrément angoissants pour les personnes placées à l'isolement ou au quartier disciplinaire. En plus de cela : quand il y a du brouillard, tous les mouvements sont suspendus. En novembre 2013, au Centre Pénitentiaire de Nancy-Maxéville, pendant quatre jours consécutifs, il n'y a pas eu de promenade. En février 2014, cinq jours sans promenade.

 

==> A leurs médicaments, à des examens médicaux et dentaires réguliers : le caractère ubuesque de l'Administration Pénitentiaire s'exprime le plus souvent dans le cas des traitements médicaux. De nombreux témoignages (notamment dans le film A l'ombre de la République) font part de traitements médicamentaux délirants (avec des doses énormes de paracétamol, et pas grand chose d'autre). Les médecins et personnels de soin critiquent bien souvent le fonctionnement des lieux pénitentiaires pour leurs contraintes : impossibilité d'avoir un suivi régulier, la difficulté de préserver le secret médical en détention en raison de la promiscuité, les règles sécuritaires entravant la circulation des médecins et des détenus ... Voir à ce sujet : François Moreau, chef de service et président du Syndicat des médecins exerçant en prison, expliquant, en 2000, les difficultés du travail médical en prison, dans "L’univers pénitentiaire", Regards sur l’actualité, n°261, mai 2000. Il est parfois très long d'attendre un dentiste pour une rage de dents : de l'ordre d'un mois.

 

Ils auraient droit à des fauteuils roulants, etc

 

==> ? Une affirmation complètement invérifiable, basée sur rien du tout. Je n'ai absolument pas réussi à trouver de preuve que les fauteuils roulants étaient gratuits en prison. Pourtant, le handicap en prison s'apparente à une double-peine, alors que le handicap est plus répandu en milieu carcéral qu'à l'extérieur. L'Etat est fréquemment condamné pour manquements en termes d'équipement adapté.

D'ailleurs, je pose la question sans trop savoir, comment se fait l'accès aux fauteuils roulants pour les personnes en maison de retraite ? En cherchant le premier site, je tombe sur cette réponse : "Cela dépend du type de fauteuil roulant dont il s'agit. Si c'est un fauteuil roulant "classique", c'est l'Ehpad qui le prend en charge. Si en revanche il s'agit d'un fauteuil roulant "personnalisé" (adapté à une pathologie particulière), il sera pris en charge par la sécurité sociale", a priori depuis 2008 et un nouveau décret.

 

Ils recevraient de l'argent, au lieu de payer CHER pour leur hébergement.

 

==> C'est sûr que tous les prisonniers vivent au crochet de nos impôts, tous des assistés ces criminels ... Un peu de désintox s'impose : cet article, L'argent en prison, y répond sous toutes ses formes.

Paul Loridant, sénateur du groupe CRC, dans un article de Libération : "Cela peut surprendre, mais il faut de l'argent pour vivre en prison, entre 150 et 200 euros par mois, car tout se paie : la télé, le frigo, les fruits frais, le tabac, les journaux, la lessive, les produits de toilette ... A ceux qui n'ont rien, le Secours populaire donne un kit savon-dentifrice-brosse à dents".

Les inégalités sociales sont évidemment très fortes en prison, entre ceux qui ont les moyens de se payer leurs biens et services, qui sont du coup plutôt à l'aise, et ceux qui n'ont absolument rien, les indigents, à qui le minimum vital est fourni. Les détenus, lorsqu'ils travaillent, n'ont que peu du total qui revient sur leur compte virtuel (il n'y a pas d'argent liquide en détention). Une partie est prélevée pour indemniser les victimes, une partie va au pécule de sortie, une partie importante part dans les achats "de base" ... Sachant qu'il y a près de 70 % de détenus qui ne travaillent pas, et qui sont de fait dépendants de leur famille ou leurs proches, cela permet de relativiser cette affirmation insensée. Et pour ceux qui n'ont pas de proches ? Oh, on s'en fout des pauvres, non ? Les indésirables seront éliminés ... par la sélection et la discrimination sociale. Ce sont souvent les personnes les moins dotées qui mettent fin à leurs jours en détention (vous dites ? "Justice de classes" ? A peine). Même si le bonheur ne peut s'évaluer uniquement par la satisfaction de besoins matériels, ces exemples permettent de rendre compte du danger de la manipulation de l'affirmation ici présente.

Cela étant, les loyers proposés en maisons de retraite sont quand même très élevés (et de fait, peuvent être dénoncés comme tels), reviennent la plupart du temps à la charge de la famille. Encore une fois, c'est l'association d'idées, sur un constat véritable, et une idée complètement erronée, qui vient montrer le caractère nauséabond de ce message.

 

Ils auraient droit à une surveillance constante par vidéo ; donc ils bénéficieraient de l'assistance instantanément suite à une chute ou toute autre urgence.

 

==> Rien que parler de "vidéosurveillance" ou "vidéoprotection", ça me met en rogne. Mettons des caméras partout, et tout ira pour le mieux ! George Orwell peut mourir en paix, 1984 a définitivement servi de mode d'emploi dans le cerveau de certains fanatiques. Surveillons nos prisonniers, surveillons nos vieux, et nous vivrons dans une société parfaite ! D'autant que, si je ne m'abuse, les systèmes de caméras sont déjà largement implantés dans les établissements d'accueil de personnes âgées, et qu'il existe des systèmes d'alertes performants, à la demande de la personne concernée. Mais bon. Rah, en relisant la phrase, ça me fait vraiment froid dans le dos, "droit à la surveillance constante", c'est tellement gerbant !

 

Leurs lits seraient lavés 2 fois semaine; leur linge serait lavé et repassé régulièrement.

 

==> Encore une fois, une affirmation en l'air. Le témoignage des personnes incarcérées à Fleury-Mérogis, dans Les images interdites réalisées par Envoyé Spécial sur France 2, montre des lits inchangés depuis près de cinq ans (à 7:50). Le plus souvent, les linges ne sont pas nettoyés régulièrement en prison, non plus, désolé !

 

Un gardien viendrait les voir toutes les 20 minutes. Il leur apporterait leur repas ainsi que leur collation directement dans leur cellule.

 

==> Même commentaire que pour les caméras de surveillance. Quelle société prône réellement ce message ? De plus, il laisse imaginer que les personnels de surveillance dans les prisons sont hyper disponibles pour les détenus. Ce qui est extrêmement nuisible, sachant que même les surveillants se disent en sous-effectifs, en manque de moyens pour répondre à leurs missions. Le surveillant à Fresnes, Emmanuel Febvre, explique qu' « en moyenne, nous avons un surveillant pour 100 détenus. À chaque entrée, sortie, visite d’avocats, parloir, douche, cantine, il y a un risque d’altercation. Avec les conditions de détention et la surpopulation carcérale, tout est prétexte à conflit. ». Marc Astasie, délégué national CGT-pénitentiaire, fait remarquer : « Avant d'étendre nos missions, ils feraient mieux de nous donner davantage de moyens pour les mener à bien ». Pour ce qui est de la qualité des repas fournis par l'administration, le site Ban Public relève bien : "Objet de controverses, l’alimentation fournie par l’administration pénitentiaire est d’une qualité très variable. Immangeable selon les uns, identique à n’importe quelle cantine selon les autres... Il est un point sur lequel tous s’accordent : il faut de l’argent pour se nourrir correctement afin d’acheter les compléments à la cantine, « magasin » de la prison". Pour ce qui est de l'alimentation en maison de retraite, là encore, il y aurait certainement des choses à redire.

 

Ils auraient un endroit spécial pour recevoir leur famille.

 

==> Rien à redire, il y a effectivement des parloirs dédiés aux visites. Voire des Unités de Vie Familiale, des petits appartements au sein de la détention. Cela dit, les parloirs sont bien plus rares, potentiellement, que les visites aux personnes âgées (qui peuvent avoir lieu tous les jours). Réglementairement, les parloirs en prison ont lieu une fois par semaine. Les conditions d'accueil sont souvent assez précaires, pendant quarante-cinq minutes à une heure, dans une salle étroite (et sans hygiaphone, non, nous ne sommes pas aux Etats-Unis). Le film de Didier Cros, Parloirs, transcrit bien les ambiances de ces lieux. Pour ce qui est des UVF, il faut remplir des conditions particulièrement strictes pour pouvoir y accéder. Pendant des heures modulables selon les "possibilités de réinsertion".

==> En ce sens, les visites en maisons de retraite sont quand même plus souples, malgré quelques difficulés (un lieu spécialement dédié, pourquoi pas).

 

Ils auraient accès à une bibliothèque, à une salle d'exercice, à des thérapies physiques et spirituelles, ainsi qu'à la piscine et même à l'éducation gratuite.

 

==> Soit. Pour la bibliothèque, dans certaines prisons françaises, il ne peut y avoir plus de dix détenus en même temps, pour des raisons de sécurité. Les conditions d'accès ne sont encore une fois, pas des plus aisées. On n'y va de toutes façons pas comme ça, quand on en a envie. Et c'est vrai qu'il n'y a pas de bibliothèques en maison de retraite. Quoi ? Ah, si, désolé. Des bibliothèques ambulantes, par exemple. Et les visiteurs peuvent apporter des livres à la personne hébergée. M'enfin bon.

==> Pour les salles d'exercice en prison, lorsqu'il y en a plusieurs, c'est rare. Le plus souvent, il y en a une pour l'ensemble de l'établissement pénitentiaire. A Nancy-Maxéville, il y a effectivement des salles de musculation dans chaque bâtiment. Mais, avec tout mon cynisme, est-ce réellement la priorité des personnes âgées ?

==> Des thérapies physiques et spirituelles ? Je dis pas, mais à part quelques initiatives ici et , je pense que nos amis rédacteurs de ce message ont complètement pété un câble.

==> Des piscines en prison ? En France ? Euh, non. Juste, non. Me semble pas qu'il y ait énormément de piscines installées dans nos prisons (ou alors, on y mettrait les Détenus Particulièrement Surveillés, toute la journée, avec des plombs dans les chaussures). Peut-être possible qu'il y ait des virées organisées à la piscine, dans des cadres très spécifiques ? Dans tous les cas, il n'y en a pas au sein des établissements. Par contre, ailleurs, pourquoi pas : à Athènes, ou au Canada (à revérifier). Ou ce livre appelé Prison avec piscine, mais ça parle pas du tout de prison, mais de "gated communities", de quartiers de riches fermés et sécurisés. Non, pour les piscines, là, désolé.

==> L'éducation gratuite : admettons, il y a effectivement des cours proposés aux personnes incarcérées. Les salles de classe font environ 10-15 places maximum. Avec un ratio de 1 enseignant pour 140 personnes incarcérées (taux multiplié par 4 par rapport aux classes du secondaire, d'environ 35 élèves) ; sachant que 1 % des personnes incarcérées obtiennent leur baccalauréat dans l'année ; sachant que les cours ne représentent qu'une part infime de l'emploi du temps hebdomadaire d'une personne détenue (puisqu'elles passent en moyenne 22 heures sur 24 (par jour du coup !) en cellule) ; sachant qu'il y a environ 15 à 20 % de personnes illettrées en détention ; à partir de ces données, quel est l'âge du capitaine ?

 

Pyjamas, souliers, pantoufles et aide légale seraient gratuits, sur simple demande.

 

==> "Bonjour Monsieur le Directeur, je souhaiterais des pantoufles ou des souliers (des sabots feraient l'affaire) pour me protéger des rats dans ma cellule. Bien cordialement. Signé : écrou n°6969".

==> "Bonjour, je souhaiterais un pyjama anti-suicide pour pouvoir me pendre au-dessus des cafards de ma cellule. Les cafards ont mangé les rats. Très chaleureusement. Signé : écrou n°6969."

==> "Bonjour, je voudrais une aide légale pour m'assister dans ma fin de vie en détention. La loi sur l'euthanasie est-elle désormais votée et appliquée ? Les cafards sont morts après avoir mangé la nourriture proposée par le service général. Bien à vous. Signé : écrou n°6969."

==> Complètement infondé. Tout s'achète en détention, et surtout des produits non-nécessaires. Tout s'achète, et bien plus cher qu'à l'extérieur, de l'ordre de 30 % supplémentaires. Oui, comme ça, rien à redire. En maison de retraite aussi, ces vêtements doivent s'acheter, on est bien d'accord, mais ce n'est pas une raison pour projeter des fantasmes absurdes sur la prison.

 

Il y aurait alors une chambre privée et sécuritaire pour tous, avec une aire d'exercice extérieure entourée d'un magnifique jardin.

 

==> Chaque vieillard aurait le droit à sa chambre privée, où il serait tout seul pour mourir en paix ! Génial, non ? Et cela se ferait en toute sécurité. Ah bah non, pardon, vu qu'il y a une très forte surpopulation carcérale (de l'ordre de 120 % en général en France, près de 135 % pour les maisons d'arrêt), il y aurait de la compagnie. On serait à deux ou trois par cellules de 10 m² (ou moins, si on n'a vraiment pas de chance). Et, qu'entends-je ? Un magnifique jardin ? Oh, c'est une notion tout à fait relative ... Je trouve ça beau, le grillage et le béton, moi.

 

Chaque vieillard aurait droit à un ordinateur, à une télé, à une radio, ainsi qu'à des appels illimités.

 

==> "Manquait plus que ça ! Les salauds de la République, les criminels violeurs d'enfants et assassins des bons Français bénéficient gratuitement d'appareils high-tech, et dans l'impunité la plus totale ! Et on ne pense pas assez aux victimes et aux personnes âgées, qui ELLES, n'ont rien fait ! Mort aux prisonniers ! Feu à Christiane Taubira !"

==> ...

==> Pardon.

==> Sérieusement, le taux d'équipement en ordinateurs est juste dérisoire. Des ordinateurs qui n'ont pas Internet, et qui ont Office 2003 et Paint, c'est une véritable menace pour l'ordre. Sachant que des personnes sortant de prison sont passées directement, du Minitel à l'iPad ... C'est plutôt intéressant d'initier certaines personnes à la pratique de l'informatique, étant donné que le monde du travail fonctionne à 99 % par ce biais désormais ... C'est une véritable initiative de "réinsertion" pratique. Et le fait d'avoir un ordinateur dans une cellule paraît bien faible, et surtout difficile d'utilisation, du fait de la surpopulation carcérale, encore une fois.

==> Le Contrôleur Général des Lieux de Privation de Liberté avait déjà émis il y a précisément un an un avis sur l'introduction d'Internet en prison. Des articles à la pelle existent, dont celui-ci ou celui-là.

==> Pour la télévision, elle n'est évidemment pas à disposition gratuite, mais payante. Au Centre Pénitentiaire de Nancy-Maxéville, la location coûte 38 €uros par mois.

==> Pour la radio, encore une fois, c'est payant. Seules des radios à manivelle sont disponibles gratuitement.

==> Des "appels illimités" ? Avec quels téléphones ? Les téléphones portables qui sont interdits au sein de la détention, sous peine d'avoir des sanctions disciplinaires très lourdes ? (malgré l'avis contraire du CGLPL, encore une fois, ou de l'Observatoire International des Prisons) Ou les téléphones fixes, impossibles à avoir en cellule ? Ou encore les téléphones fixes disponibles dans les couloirs des étages, à des heures précises et très contraignantes ? "Ah, ceux-là, oui. Voyez bien que j'ai raison ! Je disais quoi déjà ?"

 

Il y aurait un "conseil de directeurs" pour entendre les plaintes et les gardes auraient un code de conduite à respecter !

 

==> Je ne comprends pas la logique. Il n'y a pas de code de déontologie ou de charte dans ces établissements spécialisés ? J'ose imaginer si des surveillants pénitentiaires actuels (sans formation adaptée) devaient prendre en charge des personnes âgées en situation de dépendance, ou l'intérêt porté par des directeurs "managers" aux valeurs d'humanité ...

 

Dans ce cas là,

2) les CRIMINELS pour leur part auraient alors comme nos anciens actuellement:

a.. Des repas froids, peu équilibrés et souvent dégueulasses.

 

==> D'une, c'est déjà le cas, pour la plupart des détenus.

==> De deux, c'est évidemment simplifier la situation dans les maisons de retraite, qui est très variable selon les moyens alloués, selon les services disponibles, selon tellement de paramètres en fait ... Encore une affirmation sans fondement.

 

b.. Ils seraient laissés seuls et sans surveillance.

 

==> "Et du coup, ils s'entretueraient et comme ça tous les dangereux violeurs de chatons, ou les meurtriers de nos enfants disparaîtraient !"

==> Encore une fois, belle perspective de société proposée par notre ami rédacteur. "Tiens, quelqu'un qui a commis un délit ou un crime. Eh ben on va lui mettre la misère, pour qu'il ait bien la rage envers la société, pour qu'il n'ait bien aucune chance de vouloir la réintégrer, pour qu'il soit complètement cassé moralement, pour qu'il crève, cet enc*** !"

==> Cette affirmation vient complètement accuser d'insuffisance les personnels d'encadrement ou de soins en maisons de retraite, indirectement, et c'est vraiment dégueulasse. Et gratuit.

 

c.. Les lumières seraient éteintes dès 20 heures.

 

==> "Et elles ne seraient jamais rallumées."

==> Quand on sait que le régime de nuit commence à 17h30 - 18h dans la plupart des prisons françaises (exemple à Nancy en 2004), ou plutôt l'absence de services proposés (un surveillant pour tout un bâtiment, enfermement en cellule et impossibilité d'en sortir, etc.), je pense que notre ami rédacteur a encore perdu une bonne occasion pour se taire.

==> Un documentaire sur la première nuit et la dernière nuit en prison, forcément différentes des autres.

==> Cela peut quand même être inéressant de se pencher sur la vie nocturne des personnes en maison de retraite, ce qu'a fait Allô Docteurs il y a un gros mois.

 

d.. Ils n'auraient droit à UN seul bain par semaine (et encore, seulement si le personnel à le temps de leur donner !)

 

==> Logique, t'es condamné (ou prévenu), donc tu dois être sale !

==> Dans chaque chambre de maison de retraite, théoriquement, il doit y avoir un cabinet de toilette. Mais c'est souvent pour les personnes en perte d'autonomie que c'est le plus difficile de se laver. Or, lorsque le personnel soignant est en sous-effectif, la toilette est très rapide, et les résidents ne prennent pas de douche suffisamment souvent.

==> J'ai besoin de rappeler pour les douches en prison ?

 

e.. Ils vivraient dans une petite chambre.

 

==> "Sûr que toutes les cellules de prison font 50 m² en moyenne. Pour une ou deux personnes maxi".

 

f.. Et ils paieraient au moins 2.000 € par mois, avec aucun espoir d'en sortir vivant !

 

==> On conclut magnifiquement ce message. Enfin, les détenus payent leur dette à la société, et crèvent au final !

==> J'ai besoin de rappeler pour les nombres de morts en prison ? Morts naturelles, morts "suspectes" ?

 

Et alors, enfin il y aurait une justice pour tous !

 

==> Après la Manif pour Tous, la "Justice pour tous" !

 

Il y a quand même des questions intéressantes qui sont soulevées dans le traitement que subissent les personnes placées en maisons de retraite. Nos maisons de retraite françaises sont-elles des lieux de privation de liberté ? J'avais déjà posé la question en septembre dernier, mais cela conserve une actualité très forte.

Voici les articles :

- Les personnes âgées en détention

- Une ISP - Maison de Retraite (MDR)

- Prison, Maison de retraite - Même combat ?

- A quoi ressemble le quotidien d'un prisonnier ?

 

Merci à Marina pour l'image.

Désintox nécessaire contre le terrorisme intellectuel
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Published by Pierre
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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 18:00

Nouvelle chronique ! Voici des liens utiles et des références assez actuelles. Bonne écoute et bonne lecture !

 

 

 

 

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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 11:45
Le Didelot - Association d'accueil des proches des personnes incarcérées à Nancy

Le Didelot, la maison d’accueil pour les familles de personnes détenues au centre pénitentiaire de Nancy-Maxéville a reçu le 20 février 2014 le prix « Voisins solidaires, voisins fraternels »

Ce site recense de nombreuses questions et de précieuses informations pour les visites.

Le Didelot - Association d'accueil des proches des personnes incarcérées à Nancy
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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 11:45
Passe-Murailles n°46 - Y a t-il un pilote dans la prison ?

Abonnez-vous en envoyant un mail à publication@genepi.fr !

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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 14:30
Film à voir - Sur les toits, de Nicolas Drolc

"En 2009, Gérard Drolc quitte sa profession de photographe, et ramène les cartons de négatifs de son travail. Son fils, Nicolas Drolc, est intéressé par les luttes sociales en général. Il tombe par hasard sur les négatifs de la mutinerie de Nancy. Il cherche à en savoir davantage, mû par sa curiosité, et se passionne très vite pour le sujet ; il décide d’en faire un documentaire. Il fait développer quelques photographies, intéressé par la force des messages portés par les mutins. Nicolas Drolc se tourne vers Philippe Artières, spécialiste d'histoire sociale ayant mené l'essentiel des recherches au sujet de cette mutinerie. Il fournit alors des pistes au jeune réalisateur. La liste des personnes rencontrées par Nicolas Drolc s'allonge et devient particulièrement éloquente : il prend des rendez-vous avec un ancien surveillant de la prison de Toul, puis rencontre le sociologue Daniel Defert (ancien compagnon de Michel Foucault). Il réalise aussi des entretiens avec le ténor du barreau, Maître Henri Leclerc, l'écrivain et militant anarchiste Serge Livrozet, et une demi-douzaine des principaux mutins de janvier 1972.

 

L'un des obstacles qui se présente à lui a été le manque de moyens financiers. Pour remédier cela, il a recouru au système D pour les prises de son, pour les prises d'images, pour la bande-son, réalisées pour l'essentiel avec des amis. Finalement, ce long-métrage, très dynamique, dure près d'une heure et demie. Il donne la parole à des personnes qu'on n'entend pas assez souvent, et pourtant, qui sont les principaux concernés par la vie au sein des prisons. Les personnes incarcérées développent une profondeur et une certaine lucidité sur cette période et sur l'utilité de la détention. Maître Henri Leclerc le concède, la condition des détenus a certes été améliorée matériellement, mais l’emprisonnement de personnes reste "l’échec le plus cuisant de la société contemporaine". Nicolas Drolc rebondit sur ces propos : « C’est justement ce qui m’intéressait avec ce documentaire : tirer des enseignements. Et pas seulement souffler sur la poussière des années 1970 ».

 

L'art a cela d'utile qu'il peut souligner l'importance des évènements. Ces oeuvres permettent de rendre vivantes des problématiques passées et qui conservent une actualité particulièrement vive ; le film est sorti après les contestations carcérales de l'été 2013, comme celle qu'a connue le Centre Pénitentiaire de Nancy-Maxéville. L'art signe un bilan d'échec global et cinglant de la part de l'institution pénitentiaire. Ce constat implacable peut complètement se transposer aux débats contemporains sur l'utilité de la prison, et vient confirmer l'idée que l'art est atemporel."

 

Le DVD sera disponible en librairies et sur la boutique des mutins de Pangée à partir du 24 avril 2014.

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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 11:00

Le site web du Genepi s'est doté de ses plus beaux atours : meilleure présentation, plus de contenu, un agenda complété régulièrement ... A vous de décloisonner avec le Genepi !

 

GENEPI

 

Une seule adresse : http://www.genepi.fr/

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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 10:30

 

 

 

 

 

Communiqué du Genepi national :

 

Le 31 décembre 2013, la Direction de l’administration pénitentiaire a publié une note relative aux moyens de contrôle des personnes détenues.

Cette note vise à éclairer la pratique des fouilles à nu, dont l’objectif est « de rechercher des objets ou substances illicites ou dangereux susceptibles d’échapper à une détection par matériels techniques ou à une fouille par palpation ».

Les multiples décisions du Conseil d’État relatives aux fouilles intégrales sont ainsi reprises, rappelant aux agents de l’administration pénitentiaire les cas de recours aux mesures de fouilles corporelles. Cette note était nécessaire tant sont constatés ici et là des écarts notables dans la conduite de cette mesure.

Le Genepi, association militant pour le décloisonnement des institutions carcérales, regrette que cette note ne signe pas la fin de l’humiliant et dégradant contrôle que constitue la fouille à nu.

L’administration pénitentiaire ne devrait pas oublier que « la sécurité passe aussi par le respect de l’intimité »*. La fouille à nu, au contraire, n'est rien de moins que la violation des droits de la personne détenue. Par le maintien de cette pratique, l’administration privilégie donc l’atteinte aux droits fondamentaux à la remise en cause d’une pratique entretenant son fantasme sécuritaire.

 

* Jean-Marie Delarue, Contrôleur Général des Lieux de Privation de Liberté, en 2009

 

>> LIRE LA NOTE DE L'ADMINISTRATION PÉNITENTIAIRE <<

 

 

Au Centre Pénitentiaire de Nancy-Maxéville, les fouilles à nu intégrales systématiques continuent dans l'illégalité, malgré les condamnations ... Il n'y a pas de glace placée sous le détenu, mais, pour être super concret, il faut bien ouvrir la bouche et écarter les fesses, sous peine de se voir sanctionner de plusieurs jours de Quartier Disciplinaire. Pour vouloir faire respecter le droit. Pour promouvoir la dignité humaine de chacun.

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22 janvier 2014 3 22 /01 /janvier /2014 16:30

Source : Le Monde, 22 janvier 2014

 

Encore quelques jours et il laissera derrière lui le statut de « plus ancien détenu de France » qu'il traînait au fil des publications de presse consacrées à son sort ces dernières années. La libération conditionnelle de Philippe El Shennawy, incarcéré depuis 38 ans, a été approuvée mercredi 22 janvier par le tribunal d'application des peines de Créteil. « C'est un grand soulagement », a déclaré à la presse son avocate, précisant que le détenu pourrait sortir vendredi matin et devrait porter un bracelet électronique pendant deux ans.

Né en Egypte en 1954, Philippe El Shennawy avait été condamné pour la première fois à l'âge de 19 ans pour « vol qualifié ». En 1977, il est condamné à perpétuité pour un « vol à main armée » avec prise d'otage, peine commuée en vingt ans de prison. Evadé deux fois, il accumulait treize condamnations et ne devait théoriquement pas être libéré avant 2032, à l'âge de 78 ans.

Lire : Appel pour le détenu Philippe El Shennawy

 

TROIS ANS DE LIBERTÉ EN QUARANTE ANS

En 1992, sa libération conditionnelle avait été révoquée parce qu'il s'était rendu en région parisienne avec de faux papiers pour voir son fils, alors qu'il y était interdit de séjour. Au total, depuis 1975, Philippe El Shennawy a passé moins de trois ans dehors. En prison, il a obtenu des diplômes de droit, d'histoire et d'informatique.

Etiqueté « détenu particulièrement signalé » (DPS), il aura vécu dix-neuf ans en isolement, six ans en hôpital psychiatrique, aura changé une quarantaine de fois de lieu de détention, effectué une tentative de suicide et plusieurs semaines de grève de la faim. En janvier 2011, il avait fait condamner la France par la Cour européenne des droits de l'homme pour des « traitements inhumains ou dégradants » en prison.

Ne supportant pas la détention, son complice Taleb Hadjadj, condamné à ses côtés en 1977, s'était suicidé en 1980 au quartier disciplinaire de Saint-Maur. Fin mars 2013, M. El Shennawy avait bénéficié d'une grâce présidentielle partielle. La décision de François Hollande d'annuler sa période de sûreté lui avait alors permis de déposer cette demande de libération conditionnelle.

Selon le journal Libération qui cite son avocate, Philippe El Shennawy commencerait à travailler lundi prochain en tant que « coordinateur de projets dans le milieu culturel ». Il ne sera autorisé à quitter son domicile qu'entre 7 heures et 19 heures en semaine, ainsi que trois heures par jour le week-end.

Philippe El Shennawy sort de prison !
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